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Lucien Bodard
MONSIEUR LE CONSUL Le 14 juillet en Chine, entre les deux guerres mondiales. Depuis la victoire de 1918 le prestige de la France est très haut au Sseu Tchouan. Chaque 14 juillet est le sommet de la saison internationale de Tchang-Tu. Tous se passe bien. Après le rituel des speaches, des congratulations, c'est la mer des petits fours et des sandwiches, l'océan des coupes, les détonations des bouteilles de champagne. Le maréchal, après avoir bu à la santé de la France, s'en va. Les autres célestes s'en vont. Le consul du Japon part aussi. C'est alors l'heure de la "colonie française". C'est-à-dire des curés, des bonnes sueurs et des trois médecins. La famille, en somme. Après le discours vibrant du consul, ce que les bons pères peuvent s'enfourner comme champagne par le trou camouflé de barbe qui est leur bouche ! C'est le cercle complet des vieux visages bien gais, gaillardement émaciés sous leur crinière poivre et sel. 1973 |
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