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Mikhail Boulgakov
LE MAÎTRE ET MARGUERITE
Un grand bal chez Satan
[...]
Dans la salle suivante, [...] l'un des murs était fait de roses
[...], et l'autre, de camélias doubles du Japon. Déjà,
entre ces murs, jaillissaient en moussant des fontaines de champagne et
le vin retombait en pétillant dans trois vasques transparentes.
[...] Auprès de ces vasques s'affairaient des nègres à
turbans écarlates qui, à l'aide de puisoirs d'argent, remplissaient
de champagne de larges coupes évasées.
[...]
Puis Marguerite se trouva devant un bassin de dimensions prodigieuses,
entouré d'une colonnade. Une cataracte rosée jaillissait
de la gueule d'un gigantesque Neptune noir, et l'odeur capiteuse du champagne
montait du bassin. Là, régnait une folle gaieté,
libre de toute contrainte. Des dames, en riant, [...] plongeaient comme
des mouettes dans le bassin. Des colonnes de liquide mousseux rejaillissaient.
Le fond de cristal du bassin était éclairé par-dessous,
et la lumière qui traversait la masse du vin permettait d'y voir
les corps argentés des nageuses qui ressortaient de là complètement
ivres.
1966
ouvre
posthume
Traduit
du russe.
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