
Un bâtiment art déco dont la construction est confiée à l’architecte rémois Max Sainsaulieu (1870-1953) de 1921 à 1927 est inauguré le 10 juin 1928, en présence de Gaston Doumergue, Président de la République et de Myron T. Herrick, ambassadeur des États-Unis.
La nouvelle bibliothèque, remarquable par la qualité des matériaux employés et le luxe de son ornementation, peut s’enorgueillir d’une conception des espaces très fonctionnelle, fort rare en France à cette époque. Le bâtiment est fonctionnel, une distinction rigoureuse étant opérée entre espaces publics, espaces de stockage et espaces de travail pour le personnel.
Avant la réalisation, Max Sainsaulieu entreprend un voyage d’étude qui lui permet d’observer des exemples étrangers (Genève, Fribourg, Zurich, Bâle, Bruxelles, Louvain, Leyde…). Sous l’influence de son fils Louis, Max Sainsaulieu opte pour une esthétique moderne, typique du style Art Déco.
La généreuse dotation de 200 000 dollars offerte par la Fondation Carnegie lui permet d’utiliser des matériaux nobles et d’imaginer une décoration riche. Il fait appel aux grands noms des arts décoratifs de son époque :
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Ets Schwartz-Haumont (médaille d’or Expo Arts Déco 1925) pour la porte d’entrée en fer forgé ;
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le sculpteur Édouard Sediey dessine les bas-reliefs du fronton ;
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A. Biret installe les mosaïques du péristyle d’entrée ;
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les marbres et la décoration du hall sont confiés à Merbès-Sprimont, (maquettes d’Henri Sauvage) ;
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Jacques Gruber est sollicité pour la réalisation de la verrière et des baies de la salle de lecture ;
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Madeleine Lacour exécute les pastels floraux qui ornent la salle de lecture ;
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deux vases exécutés par la manufacture de Sèvres ornent la plate-forme du perron.
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Les choix décoratifs font de la bibliothèque un nouveau temple du savoir.
On pénètre dans le bâtiment en gravissant quelques marches, symbole d’élévation vers la connaissance. A l’entrée, deux pilastres dépourvus de chapiteaux sont surmontés d’un fronton classicisant orné d’arbustes gravés qui symbolisent la floraison de l’esprit.
On peut y lire la devise de la bibliothèque : « Educunt folia fructum » (les fleurs conduisent aux fruits). Ce décor en bas-relief est l’œuvre du sculpteur Edouard Sediey. La façade, ornée de mosaïques exécutées par Biret, est percée d’une grande porte en fer forgé réalisée par Schwartz-Haumont, qui obtint la médaille d’or lors de sa présentation à l’Exposition internationale des Arts Décoratifs de Paris en 1925.

Le hall d’entrée, carré majestueux de dix mètres de côté, est coiffé d’une voûte monumentale et d’un lustre en pendentif créé par le maître-verrier rémois Jacques Simon. Sous le lustre, au centre du hall, une fontaine symbolise, selon Max Sainsaulieu, la « source de toutes les sciences et connaissances ». Les murs sont lambrissés de grands panneaux en onyx d’Algérie encadrés de bandes de marbre vert. Vingt mosaïques de marbre, conçues par Henri Sauvage, illustrent les diverses activités intellectuelles et physiques de l’homme.
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![]() Lustre Art déco hall d'entrée |
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La salle de lecture, avec son parquet en chêne et ses murs lambrissés d’acajou, dégage une atmosphère de sérénité propice à l’étude. Elle est éclairée par trois baies latérales et une grande verrière zénithale qui sont l’œuvre de Jacques Gruber, célèbre maître verrier nancéien. La grande verrière, qui représente un livre ouvert sur les armes de la Ville de Reims, est inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Une salle d’exposition a été conçue dès l’origine, pour présenter les trésors de la bibliothèque. Le parquet de cette salle, véritable travail de marqueterie juxtaposant des carrés de chêne et d’acajou, est particulièrement remarquable. Au plafond, la corniche en forme d’escalier renversé est caractéristique de l’esthétique Art Déco.
Les collections sont stockées dans les magasins situés derrière la banque d’accueil. Répartis sur cinq niveaux, ils peuvent contenir jusqu’à neuf kilomètres linéaires de documents. Leur forme semi-circulaire, voulue par Max Sainsaulieu, impose une disposition des rayonnages originale, en étoile. Les magasins ne sont accessibles qu’au personnel de la bibliothèque.
La Bibliothèque Carnegie de l’An 2000 à Reims : 400 000 documents, 45 places de travail et de lecture, multimédia (accès Internet, consultation des cédéroms et des collections numérisées). Salle d’exposition, salle de conférences de 42 places - salle pédagogique de 30 places.
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