HISTOIRE DU CHAMPAGNE : XXe siècle : Prospérité
 la fin de la guerre, le commerce du champagne est dans une situation critique. S'il a maintenu le moral des combattants, il lui faut désormais soutenir celui des Champenois eux-mêmes. Certes, le 10 mai 1947, à l'assemblée de printemps de l' A.V.C., René Chayoux, président du Négoce, peut dire, approuvé par Henri Macquart, président du Vignoble : «Au sortir d'une terrible tourmente, la situation en Champagne est relativement heureuse. Nos vignobles n'ont pas souffert de la guerre comme nous pouvions le craindre. Une sage politique de restriction des prix et des quantités vendues a maintenu des stocks encore importants et la bonne réputation de la Champagne au point de vue prix et qualité.» Mais en 1945, dans le vignoble, bien des hommes ne sont pas revenus, les rendements moyens se sont abaissés à 32 hectolitres à l'hectare, beaucoup de travaux ont été différés pendant cinq ans et sont à entreprendre sans tarder si on veut que la vigne retrouve sa prospérité d'avant la guerre. Quant aux négociants, ils ont aussi fort à faire pour restaurer et développer leurs entreprises.

   Petit à petit, cependant, les séquelles de la guerre disparaissent. À partir de 1954 va débuter pour le champagne une phase extraordinairement brillante, marquée par le développement des moyens de production et une intense expansion économique.

    En témoigne l'évolution dans le temps des expéditions par pays.

   Cette évolution appelle certains commentaires. Entre la fin des hostilités et 1953 les expéditions restent grosso modo aux chiffres de 1938, c'est-à-dire autour de 30 millions de bouteilles par an, avec une pointe de 35 millions en 1951. Les caves des acheteurs se sont regarnies après la guerre mais les stocks des producteurs ne sont pas encore recomplétés et la conjoncture est hésitante. À partir de 1954, les professions pouvant désormais évoluer dans un climat de saine coopération grâce à l'organisation interprofessionnelle, l'esprit de compétition s'empare des producteurs, négociants, récoltants-manipulants et coopératives, dont les efforts conjugués vont, en un quart de siècle, multiplier par six les ventes de champagne, ce qui est considérable pour un produit d'un prix relativement élevé, utile et agréable sans aucun doute, mais qui n'est pas de première nécessité.

    Entre 1910 et 1940 on avait pu constater une sorte de stagnation des expéditions, qui oscillaient entre 30 et 40 millions de bouteilles, avec des variations d'amplitude, en hausse et en baisse, fréquentes et importantes. Ce qui frappe au contraire, dans cette nouvelle expansion, c'est la régularité de la courbe de croissance. On observe néanmoins quatre chutes accidentelles. La première, en 1958-1959, est provoquée par une récolte déficitaire due aux gelées de l'année 1957. La deuxième, en 1968, est due à l'instauration de la taxe à la valeur ajoutée (T.V.A.)42 et à des troubles politiques et sociaux. Alors que les années 1970 débutent dans l'euphorie d'un développement continu des expéditions, de l'ordre de 10 % par an, une troisième dépression survient en 1974 à la suite de la crise économique déclenchée par le «choc pétrolier». De 1973 à 1975 les marchés britannique et italien régressent respectivement, en bouteilles vendues dans l'année, de 10 millions à 3 millions et de 9,8 millions à 2,8 millions. Le marché français descend de 6 % en 1974 mais reprend sa progression dès 1975.

   La quatrième chute intervient après un nouveau bond, marqué par une augmentation de 53 % en trois ans. La vigne est tellement éprouvée en 1978, 1980 et 1981 qu'en quatre années on rentre seulement l'équivalent de deux récoltes et demie. La pénurie de raisins s'ajoutant à la diminution des réserves entraînée par la très forte expansion de la période précédente, les producteurs se voient dans l'obligation de contingenter leurs ventes pour sauvegarder la qualité d'une part, d'augmenter leurs prix pour compenser le manque à gagner d'autre part, tout en utilisant la hausse comme arme de dissuasion. Il en résulte une nouvelle baisse des expéditions à partir de 1980, d'autant plus sensible qu'en France et dans beaucoup de pays étrangers le pouvoir d'achat stagne ou même diminue, le deuxième «choc pétrolier» étant intervenu entre-temps. Grâce à Dieu, les récoltes de 1982 et 1983 sont splendides, les plus importantes du siècle, et elles ouvrent à nouveau à l'économie champenoise d'heureuses perspectives.

    De tout cela, il faut retenir la fragilité des équilibres économiques intéressant le champagne et la soudaineté des renversements de tendance, mais aussi admirer la rapidité avec laquelle se rétablit généralement la situation après les dépressions, puisque pour chacune des trois premières, avec une constance étonnante, le retard a été rattrapé et l'expansion reprise en une ou deux années.

   Quoi qu'il en soit, le bilan du commerce du champagne dans les années 1950 à 1980 est incontestablement magnifique. En moins de trente années les ventes ont été quintuplées, un record ayant été établi en 1978 avec 186 millions de bouteilles. Certes, ces résultats ont été obtenus dans une conjoncture économique généralement favorable, en France notamment où jusqu'à la crise pétrolière le revenu moyen réel a été multiplié par deux et demi, ce qui a permis au champagne de gagner à lui des couches nouvelles de la population pour lesquelles il est devenu un bien de grand confort puis, tout simplement, de confort. Le prix d'achat d'une bouteille ne représente plus que quelques heures de travail pour un ouvrier non qualifié, contre plusieurs journées un tiers de siècle auparavant. Le champagne a en outre bénéficié du goût croissant du consommateur pour les vins secs et effervescents mis au service de la fête dont il reste le meilleur symbole.

   Néanmoins le succès n'a pas été acquis sans difficulté et on verra plus loin la menace créée par la concurrence des mousseux et autres boissons et les obstacles rencontrés sur les marchés extérieurs du fait des droits de douane, taxes et contingentements, et, pour certains d'entre eux, de leur instabilité. Si bien que l'expansion n'aurait pas été ce qu'elle a été si les négociants et les vignerons n'avaient pas, comme ils l'on fait, poursuivi une politique de qualité et de prix raisonnables qui a influencé favorablement la tenue du marché.

    Alors qu'au milieu du XIXe siècle la croissance était essentiellement liée à l'exportation, après la dernière guerre le marché intérieur a prospéré près de deux fois plus vite, représentant déjà au début des années 1960 les trois quarts des expéditions. Les récoltants-manipulants, peu exportateurs, ont joué un rôle important dans ce changement d'orientation en augmentant progressivement leurs ventes en métropole, jusqu'à couvrir au début des années 1980 la moitié du marché français. Cependant, grâce au dynamisme des négociants, ce sont les exportations qui, à partir de 1963, ont progressé le plus rapidement, arrivant à représenter en 1973 le tiers des expéditions contre le quart seulement en 1962. Contrariée par les effets de la crise de 1973, qui a affecté surtout les marchés extérieurs, cette tendance a nettement repris de 1976 à 1980.

   Les efforts des professionnels sont soutenus par l'action de propagande que mène le C.I.V.C. (Vignerons et Maisons de Champagne), au nom de la communauté viticole champenoise, sous l'impulsion des présidents successifs de sa Commission de propagande et de défense des intérêts du champagne, devenue bientôt la Commission d'information et d'accueil. Il utilise pour ce faire la presse, la radio, la télévision, le cinéma. Il remet en honneur à partir de 1951 les Fêtes de Dom Pérignon qui se déroulent à Hautvillers. Il diffuse des publications de qualité faisant valoir l'image du champagne43. Il multiplie les manifestations de prestige, participant en particulier en 1962 au 32e Gala de l'Union des Artistes, donné au cirque d'Hiver le 9 mars sous le signe du champagne.

   L'activité de propagande du C.I.V.C. (Vignerons et Maisons de Champagne) n'est pas réservée au marché français et elle renforce celle que les exportateurs et leurs agents poursuivent dans les pays étrangers. Elle se concrétise par la création d'un réseau de bureaux de relations publiques, couvrant progressivement les principaux pays importateurs, et par une importante activité internationale. En 1962, le champagne participe ainsi au deuxième voyage inaugural du France, Le Havre - New York, le Voyage de l'Elégance et du Goût français, et il y joue un tel rôle que les journalistes américains baptisent la traversée le Champagne-voyage. Le C.I.V.C. (Vignerons et Maisons de Champagne) s'associe à certaines festivités dans divers pays. Il patronne notamment les grands bals new-yorkais, April in Paris, Débutantes cotillon, et les échos de ses manifestations pétillantes de champagne s'ajoutent à ceux des réceptions en Champagne de groupes importants, comme en 1972 le dîner offert à neuf cents participants du Congrès international de la Soie.


Brochure Ministère du tourisme 1953 par E. Lancaster


   C'est à l'usage des étrangers aussi bien que des Français que le C.I.V.C. (Vignerons et Maisons de Champagne) institue la Route du champagne, inaugurée le 26 septembre 1953 par le ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme.

 

   C'est un circuit touristique jalonné par des panneaux dont l'emblème est une composition associant la feuille de vigne et la grappe à une plume blanche, symbolisant la légèreté et le panache du champagne. Sous peine de perdre sa signification, le circuit ne pouvait englober toutes les localités de la Champagne viticole; il se limite donc à trois itinéraires qui sont le Circuit bleu, reliant Reims à Épernay par la Montagne de Reims, le Circuit rouge, longeant la Marne sur sa rive droite, de part et d'autre d'Épernay, le Circuit vert, partant d'Épernay et desservant la côte des Blancs. Les trois itinéraires sont détaillés et commentés sur une carte-guide, document intitulé également "La Route du champagne", publié en plusieurs langues à un très grand nombre d'exemplaires44.

A l'occasion de la Foire de Reims de 1948, les Vignerons & Maisons de champagne font réaliser au sein du CIVC un visuel intitulé "Champagne sourire de la France". L’élégance et la grâce de ce dessin ayant conquis le public, l’utilisation de celui-ci sera conservée dans les années suivantes.

LA SECONDE RECONSTITUTION DU VIGNOBLE

   On constate donc à partir des années 1950 une expansion prodigieuse du marché du champagne. Cela suppose que la production du raisin a augmenté de concert avec les ventes, ce qui a été obtenu par le jeu des plantations d'une part, par l'amélioration des rendements d'autre part.

   Dès 1945, des campagnes de plantations ont été insérées dans une nouvelle reconstitution générale du vignoble, qui a été menée dans le but de le mettre en conformité avec la réglementation, en ce qui concerne notamment les cépages et les normes de plantation, et de permettre une culture rationnelle procurant quantité et qualité et aboutissant, par voie de conséquence, à l'abaissement du prix de revient. L'A.V.C. a encouragé et coordonné cette deuxième reconstitution, comme elle l'avait fait pour celle qui avait suivi l'abandon de la vigne en foule. Prenant des initiatives sans précédent en France, elle a mis en place des Commissions de reconstitution et suscité l'engagement des vignerons par des primes et avantages divers, tels que des remises sur les plants agréés et parfaitement sélectionnés. Elle a fait assainir et restaurer les terrains et encouragé échanges et remembrements.

   L'Aube, du fait de son encépagement particulier, a entrepris une reconstitution plus poussée, visant à harmoniser son vignoble avec ceux de la Marne et de l'Aisne. Elle a été menée à bien à partir de 1945 sous la vigoureuse impulsion de Georges Lucot, délégué du vignoble aubois auprès du Syndicat général des vignerons de la Champagne délimitée, avec l'aide efficace de M. Dechambre, directeur des Services agricoles du département, puis de M. Maury, délégué pour l'Aube du C.I.V.C. (Vignerons et Maisons de Champagne), et cela avec l'appui des subventions de ce dernier organisme. En 1951, on ne comptait encore que 250 hectares reconstitués pour 1 250 hectares de vignes anciennes, mais depuis les années 1970 l'Aube a terminé sa mutation, pour le plus grand bien de la fortune de ses vignerons et de l'harmonie de la Champagne viticole.

    En 1958, les superficies en production de l'ensemble de la zone délimitée totalisaient 11500 hectares. En utilisant une partie, et une partie seulement, des terrains à appellation champagne, on a doublé le vignoble en une vingtaine d'années en plantant 12 460 hectares, ce qui, compte tenu du jeu des droits de plantation non employés en 1958, donnait au total 24 252 hectares en production en 1978, chiffre le plus élevé de la décennie par suite de l'arrêt en 1975 des plantations nouvelles. La vigne a ainsi repris possession de coteaux dont elle avait disparu depuis longtemps, notamment dans la région de Sézanne, dans les vallées auboises et le long de la Marne, de Dormans jusqu'à Château-Thierry et même au-delà.

   On doit préciser que ce n'est pas seulement dans l'Aisne et dans l'Aube que l'on a planté, bien au contraire. Les vignobles de ces deux départements se sont accrus respectivement de 16 et 17,5 %, contre 22 % pour ceux de la Marne et en 1978 ces derniers représentaient 79,5 % de l'ensemble de la Champagne viticole délimitée, soit pratiquement les trois quarts, l'Aisne et l'Aube comptant respectivement pour 5,5 % et 15 %. Les grands crus, déjà très garnis, ont peu été intéressés par les plantations nouvelles et la valeur moyenne du vignoble a donc légèrement décru. Mais il ne faut pas perdre de vue que tous les petits crus sont classés, et présentent des caractéristiques qui ont toujours été reconnus propres à fournir des champagnes de bonne qualité.

   Parallèlement, le rendement a été augmenté en raison de l'amélioration de la productivité du vignoble, passant de 33 hectolitres à l'hectare dans les années 1950 à plus de 60 hectolitres dans les années 197045. Cela a été obtenu, non pas en agissant sur la taille ou en augmentant la fumure, ce qui aurait été au détriment de la qualité, mais par de meilleures façons culturales, associées à une lutte plus efficace contre les accidents, parasites et maladies de la vigne. Ainsi, la capacité annuelle du vignoble qui était de 50 à 70 millions de bouteilles en 1950 a été amenée en 1980 à 180-200 millions, correspondant aux besoins de la production.

   Pour préparer les années à venir et faire face à une reprise espérée de l'expansion, il a été jugé nécessaire de porter progressivement la capacité de production à 240 millions de bouteilles et de planter de manière que les négociants, exportateurs en particulier, puissent se procurer les raisins qui leur sont nécessaires, sans que les vignerons aient à redouter une surproduction dont le spectre les hante depuis les sombres années de l'entre-deux-guerres. Il a donc été décidé par la Commission consultative du C.I.V.C. (Vignerons et Maisons de Champagne) que 5 000 hectares, faisant partie de l'aire délimitée, seraient plantés en 10 ans à partir de 1981, à raison de 500 hectares en moyenne par an, ce qui devrait amener en 1992 les surfaces en production à 29 000 hectares. Cette mesure portera ses fruits à partir de 1984-1985 et permettra un accroissement des ventes de 5 à 8 millions de bouteilles par an, soit un rythme annuel d'expansion de 3 %, plus sage que celui des années 1970 mais très satisfaisant par comparaison avec celui de nombreux autres secteurs économiques.

L'ÉVOLUTION DES TECHNIQUES CULTURALES

   Dans les années 1950 à 1980 les moyens de culture se modernisent. Le tracteur remplace peu à peu le cheval, qui disparaît pratiquement du vignoble46. Peut-être faut-il le regretter en un temps où l'énergie est comptée et coûteuse car, fait-on remarquer à l'Assemblée viticole de l'A.V.C. du 1er mai 1948, il constituait pour les viticulteurs champenois un moteur en quelque sorte parfait; Pouvant aller partout, obéissant à la voix, donnant des coups de collier en cas de besoin, il avait des réflexes merveilleux qui empêchaient bien souvent les charrues qu'il traînait de causer des dégâts.

   Mais le désir est né d'une mécanisation complète du vignoble, moins pour abaisser les prix de revient que pour alléger les charges de main-d'œuvre et les soucis qu'elles comportent. L'invention d'un jeune ingénieur sparnacien, Vincent Ballu, va répondre à cette aspiration. Dès 1946 il crée et met au point dans son garage personnel un tracteur adapté au vignoble champenois, à ses pentes accentuées et au faible écartement de ses vignes. D'une conception révolutionnaire, cet engin a la particularité de se déplacer avec les deux roues de droite dans un intervalle et les deux roues de gauche dans l'intervalle voisin, le corps de l'appareil et le conducteur chevauchant le rang les séparant, d'où son nom de tracteur-enjambeur. Présenté à l'A.V.C. en avril 1947, en concurrence avec un tracteur à trois roues d'un fabricant de Montpellier, l'engin de Vincent Ballu fait l'unanimité et bénéficie d'une subvention du C.I.V.C. (Vignerons et Maisons de Champagne) permettant à son constructeur de lui apporter certains perfectionnements et de le rendre apte à mettre en œuvre tous les instruments de culture.

   Avec la fabrication industrielle du tracteur-enjambeur en 1952 naît la motorisation du vignoble champenois, consacrée par la Journée de motoviticulture d'Ay du 30 octobre 1954 où sont présentés tracteurs et motoculteurs. Malgré une dépense d'investissement équivalente au prix d'achat, selon le type, de 3 à 6 chevaux de labour, le tracteur-enjambeur remporte immédiatement le plus grand succès parmi les exploitants du Vignoble et du Négoce. L'intérêt est encore accru à partir de 1961, lorsque le C.I.V.C. (Vignerons et Maisons de Champagne) lance une campagne de rénovation des chemins du vignoble qui aura pour effet d'en aménager en vingt ans 110 kilomètres, répartis entre 114 communes, avec des subventions représentant en francs 1980 une somme de 10 millions (3 600 000 euros 2004).


Au mois de juin, on procède au premier rognage des pousses. Celles-ci sont alors arrivées à tout leur développement, et la tige, encore verte et tendre, se casse facilement sous le joint ou la maille. Il faut s'abstenir de rogner la vigne par les temps froids et humides.
Il y a ordinairement trois rognages pendant la saison.

   La période contemporaine est riche en innovations propres à faciliter la culture de la vigne et à diminuer le poids de la main d' œuvre Avec ses équipements spéciaux, le tracteur-enjambeur, dont un modèle plus important chevauche deux rangs, devient apte à effectuer les labours, le rognage, l'effeuillage, le débardage de la vendange, les apports de terre et de fumure, les traitements, aidé dans ce dernier domaine, depuis le début des années 1960, par l'hélicoptère. Pour les petites parcelles, les motoculteurs se perfectionnent, ainsi que les pulvérisateurs à dos. On expérimente et adopte de nouvelles méthodes de culture, avec désherbage chimique, et des procédés de lutte antigel. Tout cela sera développé ultérieurement.

AvantHaut de pageAprès