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Champagne & Dessins, Caricatures, Gravures, Estampes, Illustrations, Menus, Éventails Si le champagne a, somme toute, assez peu inspiré les peintres, il n'en a pas été de même avec les graveurs et dessinateurs humoristiques, sinon au XVIIIe siècle, malgré une ou deux références chez Moreau le jeune ou chez quelques petits maîtres comme L.M. Bonnet, tout au moins aux siècles suivants. Parmi les grands de l'estampe, sont à citer en tête, pour leur affinité artistique avec le champagne, Gavarni et Daumier. Au premier, on doit de nombreuses gravures dans lesquelles il pétille, notamment plusieurs des vignettes de La Physiologie de la lorette, les lithographies intitulées Au Grand Seize (le grand cabinet particulier du Café Anglais), Le bain de la lorette, le champagne pour cette dernière étant comme il se doit dans les verres et non dans la baignoire, et Le Champagne, où, dans une atmosphère de bohème les champenoises jonchent les tables et le sol. Quant au second, il a utilisé toute sa maîtrise pour faire briller le champagne dans La Tisane qui n'est pas de Champagne, Dans un Cabinet de la Maison d'Or, Le Toast à la Société de tempérance, Robert Macaire marchand de billes, Un Bon Mari, et dans plusieurs autres des lithographies de ses séries Les Beaux Jours de la vie, Paris qui boit et Les Philanthropes d'un jour.
Willette par contre, autre Champenois, né à Châlons-sur-Marne, a beaucoup utilisé le champagne, moins cependant dans ses estampes que dans ses dessins de presse. On a tout de même de lui une jolie gravure, Le Champagne, qui représente une jeune personne vêtue de ses seuls bas noirs et coiffée d'un immense chapeau qui emporte... un bouchon de champagne. Il a aussi fait pour Mumm quelques œuvres agréables, notamment un charmant Cupidon et une amusante scène de genre, parue dans le Courrier français du 24 mai 1896, représentent une cantinière de l'an II appuyée à un canon et donnant le sein à un houzard blessé, avec comme légende : En ce temps-là, il n'y avait pas encore de G.H. Mumm cordon rouge.
Il faut enfin faire une place à part au grand Albert Decaris avec sa gravure Champagne. Elle représente le génie du champagne, sous la forme de Bacchus adolescent, surgissant dans un environnement de fleurs et de fusées d'un caveau aux pupitres garnis de bouteilles; au premier plan un seau à champagne et son flacon; au fond, la cathédrale de Reims. Dans les journaux du XIXe siècle et du début du XXe le champagne figure dans de nombreux dessins. On en rencontré plusieurs exemples dans cet ouvrage, comme ont d'ailleurs été souvent mentionnés les collaborateurs du Charivari, du Rire, de la Vie Parisienne, de la Lune, du boulevard, de l'Indiscret, de l'Assiette au beurre, du Chat-Noir, du Courrier français, du Journal amusant, etc. Ils avaient nom, on peut le rappeler ici, outre les maîtres de l'estampe déjà cités, Edouard de Beaumont, dont les délicieuses canotières et les non moins charmants débardeurs ont toujours la flûte de champagne à la main, Mars, Danjou, Vernier, Berthall, Cham, Abel Faivre, Robida, Grandjouan, Galanis, Radiguet, Bac, Fau, Godefroy, Caran d'Ache, Sahib Oriss, Gus Bofa, Sem, mais aussi Juan Gris et Villon, qui sont devenus des maîtres du cubisme puis, pour le second, de l'abstraction. À tous, le champagne doit être connaissant de l'avoir si bien représenté. Il serait trop long de citer les dessinateurs humoristes étrangers de la même époque qui ont apporté une collaboration pétillante à la presse de leur pays, mais il faut au moins mentionner John Leech, caricaturiste anglais du Punch, et les Allemands Richard Vogts, von Reznicek et F. de Bayros qui, sur commande de Moët & Chandon, ont donné de 1910 à 1914 à Simplicissimus, Lustige Blätter, Muskete, etc., une vingtaine de bonnes gravures mentionnant le nom de la célèbre marque d'Épernay; du dernier nommé, il faut noter entre autres une très belle Ariadne, Der Komet, Silverstimmung, Judith und Holophernes, avec Judith essuyant de sa robe le sabre qui a servi à faire sauter... le bouchon d'une bouteille de champagne.
Trez, et surtout Sempé, car le champagne a une part importante dans son œuvre À la fin de son album Sauve qui peut, de 1964, il sert à la réconciliation familiale. La Grande panique, de 1968, décrit en onze dessins la tragique histoire du célibataire qui s'apprête à réveillonner, solitairement mais joyeusement, avec une bouteille de champagne; celle-ci, ouverte maladroitement, laisse s'échapper son vin tandis que le bouchon, en retombant, casse le verre dans lequel le pauvre homme avait versé les quelques gouttes qu'il avait pu sauver du désastre ! Dans une suite de dessins de Comme par hasard, de 1981, le soir de ses noces un jeune marié, délaissant son épouse, s'assied sur le rebord d'une fenêtre pour boire au goulot une bouteille de champagne avec laquelle... il tombe à la renverse dans la rue ! Les gravures de nombreux artistes réputés tel que Leloir ou Icart ont illustré des menus pour de Grandes Marques qui étaient leurs mécènes. Dans les années folles, même les factures commerciales de certaines Maisons étaient agréablement illustrées. D'après Alteau, les scientifiques du niveau d' Einstein eux mêmes ne concoivent pas de Fête sans le champagne ! En Angleterre, les hommes d'affaires de la city de Londres ont fait l'objet de caricatures prouvant leur penchant pour le champagne. |
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