Champagne
& Affiches
Plusieurs affichistes, dont certains de grand renom,
souvent également peintres et dessinateurs, ont travaillé
pour les producteurs de champagne. Entre 1890 et 1914, ce fut le cas
de Pierre
Bonnard, avec son affiche France-Champagne
de 1891, du Tchèque Alphons Mucha,
avec des affiches (mais aussi des cartes et menus)
pour Ruinart Père
et Fils (1897), Moët
et Chandon (1899), en trois versions White Star, Grand Crémant
Impérial et Dry Impérial, Heidsieck
et Cie Monopole (1901), de Louis Théophile (ou Léo)
Hingre, avec une affiche
pleine de sensualité orientale pour Roederer et une
autre pleine de vivacité pour la Société nouvelle
des grands vins d'Ay, de Mauzan qui, dans les Années folles,
a œuvré pour Pommery
et Greno, Giesler
et Victor Clicquot,
et des Anglais Walter
Crane, précurseur de l'art décoratif moderne,
et Beardsley, auteur d'une belle affiche destinée à Piper-Heidsieck.
Rogers
Broders, l'un des plus fameux illustrateur de sites touristiques
des Alpes et de la Méditerranée lorsqu'il travaillait
pour les chemins de fer PLM (Paris- Lyon- Marseille), fit aussi bénéficier
quelques Marques de son art particulièrement classique dont les
teintes pastel évoquent rève et le mythe du champagne.
Cappiello a fait des affiches
pour Delbeck, De Rochegré
et l'Union des producteurs de Damery (Pur
Champagne), toutes trois de 1902, et il en fera encore en 1922
pour le champagne De
Castellane. Mieux que quiconque, il a appliqué les principes
d'efficacité publicitaire qu'il a lui-même énoncés,
à savoir : La surprise est à la base de publicité
- L'affiche doit être comme un acte d'autorité sur le passant
distrait - L'affiche, une fois sa mission publicitaire accomplie par
sa divulgation, doit être un moyen d'éducation et d'agrément
des foules.
Oberlé a dessiné en 1928 une
amusante composition pour Mumm,
en jouant de la similitude des cordons, celui porté par le président
de la République et le cordon rouge de la marque. Quant à
Gruau, il a fait pour les Vignerons et Maisons, en 1949,
une jolie affichette comportant une légende heureusement choisie
: Champagne...
irrésistible attrait. Paul Colin, un des maîtres
incontestés de l'affiche, aussi concis que puissant dans ses
réalisations, ne semble pas avoir été sollicité
par les Maisons de champagne mais il a tout de même
fait une place à la marque Charles
Heidsieck sur l'affiche du Bal
nègre du 11 février 1927. C'est à son homonyme Jean Colin que l'on doit la couverture pétillante du programme du 32ème Gala des Artistes qui, se déroulait sous le signe du champagne.
Des affichistes, sans travailler directement pour le
champagne, y ont fait appel, en vertu de son attrait qui rejoint les
préoccupations du publiciste telles que l'on vient de voir Cappiello
les énoncer. On peut citer ainsi Toulouse-Lautrec, qui
a placé en bonne position une coupe dans son affiche pour le
Divan Japonais, de 1892.
Le verre est vide, mais dans une autre affiche du Divan
Japonais, dessinée en 1899 par Maurice Millière,
c'est bien du champagne qu'une jeune femme, juchée sur les
épaules d'un viveur, verse dans son décolleté généreux.
À mentionner aussi Chéret, le Roi de
l'affiche, avec les buveurs de champagne de la Taverne
Olympia de la même époque et, on ne saurait
s'en étonner, compte tenu des sujets traités, Alphons Mucha,
avec une affiche de 1897 pour les Biscuits
Champagne Lefèvre-Utile, avec bouteilles et coupes,
Cappiello, avec une bouteille de champagne sur l'affiche des Biscuits
Lalo-Amandines de Provence, de 1900.