HISTOIRE DU CHAMPAGNE : Arts et lettres : Arts plastiques et décoratifs
BD

Champagne & BD (Bandes Dessinées)

Le champagne a sa place dans la bande dessinée, et même, assez curieusement, depuis qu'elle a vu le jour. On considère en effet que ses précurseurs sont Rodolphe Töepffer, instituteur et écrivain genevois, avec plusieurs albums comiques publiés à partir de 1833, et le polytechnicien Georges Colomb, dit Christophe, avec ses histoires dessinées parues depuis 1889 dans Le Petit Illustré français : La Famille Fenouillard, Le Sapeur Camembert, Le Savant Cosinus et Les Malices de Plick et Plock.

Or chez Töepffer, dès 1833, le champagne coulait dans L'Histoire de M. Jabot avec la légende suivante : M. Jabot s'anime au champagne; il est déclaré unanimement galant homme. Et en 1845, dans L'Histoire de M. Cryptogame, une magnifique flûte marquait le repas de réconciliation. À ce propos, il faut préciser que sur le dessin original on voit seulement des gobelets et un flacon de vin ordinaire, alors que sur celui paru dans l'Illustration du 8 mars 1845, et conservé dans les éditions ultérieures, figure une flûte placée en évidence dans la main de M. Cryptogame par... Cham, auteur des gravures et grand amateur de champagne !

Quant à Christophe, c'est le champagne qui lui a donné le sujet de la première des histoires des Malices de Plick et Plock, qui sert à présenter au lecteur ces gnomes domestiques et familiers des maisons mal tenues et dont voici des extraits :

Les deux gnomes que vous voyez là sont messieurs Plick et Plock. Les voilà qui, en furetant dans la maison, ont découvert une bouteille de champagne. Plick ne se sent plus de joie. Plock non plus, ainsi que l'expriment clairement leurs attitudes. Ce n'est pas qu'ils aient jamais bu de champagne, ils ne savent même pas ce que c'est; mais ils devinent que cette bouteille pourrait bien leur fournir l'occasion de se distraire. Plock, esprit ingénieux, a découvert les ficelles qui retiennent le bouchon et le moyen de les faire disparaître. Seulement, c'est joliment fatigant de couper des ficelles et c'est bien le moins que, l'opération faite, on se repose un brin sur un siège mœlleux. Oui, mais, on a beau être gnome et malin, on ne pense pas à tout, surtout si l'on ignore la force irrésistible d'expansion de l'acide carbonique emprisonné dans une bouteille; et voilà comme quoi les farceurs sont souvent punis par où ils ont péché.


Vignerons & Maisons de champagne mécènes des Arts & Lettres

On pourrait aussi citer, parmi les précurseurs, le dessinateur animalier Benjamin Rabier. Dans Une Mouche qui comprend l'existence, il raconte comment le champagne a sauvé ladite mouche, prise dans une toile d'araignée : Il faut croire que c'était une bonne marque, car le bouchon sauta jusqu'au plafond où il vint écrabouiller la méchante araignée.

Les célèbres aventures de Babar de Jean & Laurent de Brunhoff publiées a partir de 1931 font également apparaître le vin de champagne. Dans son royaume de Célesteville, Babar Roi des éléphants et sa épouse Céleste, organisent des fêtes dans leur château de Bonnetrompe ou ils initient les éléphants aux règles de bienséance et aux plaisirs de la civilisation occidentale : tenue de soirée, piano, danse classique, et champagne… !

En 1930 apparaît l’héroïne Betty Boop dans une douzaine de dessins animés américains imaginés par Dave et Max Fleisher. Jeune femme cabotine et tout aussi délurée que son chien Bimbo, cette petite  brune aguicheuse et sensuelle (qui n'est pas sans rappeler Marilyn Monroe) adore le champagne. Elle devient sexe-symbol de l'âge d'or de l'animation américaine. Apparaissant dans plusieurs films et dans la chanson, sa voix était doublée par Mae Questel dans les années trente, valorisant le champagne comme grand symbole de fête et liberté.

Il serait long et fastidieux de dresser l'inventaire des bandes dessinées où figure le champagne. Sans oublier les albums de Semé, déjà évoqués avec les œuvres des humoristes contemporains, il convient surtout de noter excellente contribution de Hergé, avec une pleine page en 16 dessins d'Objectif Lune, paru en 1953 dans la série les Aventures de Tintin, et répandu dans le monde entier plus d'un million d'exemplaires.

Elle a trait aux péripéties du débouchage de la bouteille de champagne qu'offre à Tintin et à ses amis, prêts à partir pour la lune, M. Baxter. À celui-ci, qui propose de l'ouvrir, le capitaine Haddock réplique : «Dites donc, vous croyez que vous allez m'apprendre à déboucher une bouteille de champagne.» Finalement le bouchon s'échappe de la bouteille et disparaît... dans la bouche du capitaine. «Le bouchon ! Il a avalé bouchon !», crie Tintin, pendant que le chien Milou lappe la mousse du champagne qui se répand sur la table. Le capitaine éjecte alors de sa gorge le bouchon, qui vient frapper la nuque de Milou qui étonne : «Je me demande ce qui m'arrive... Le champagne ne me réussit pas... ça me donne des maux de tête... ». Et tout le monde de lever son verre à l'invitation de M. Baxter qui boit «à la santé des premiers hommes qui fouleront le sol de la lune». Seize années plus tard l'homme mettait pour première fois le pied sur la lune et le monde scientifique sablait le champagne.

On peut aussi mentionner des dessins de Gotlib, au nombre de deux seulement, mais combien éloquents, illustrant Le chic, dans Les Dingodossiers (texte de René Grosciny, 1967) : le premier évoque la mauvaise manière de déboucher une bouteille de champagne, tandis que le second un adroit quidam reçoit dans la main gauche le bouchon qui vient de s'échapper de la bouteille qu'il tient de la main droite, dessin intitulé «Eh bien, si vous aviez le chic

Dans un esprit différent un album de bandes dessinées est paru en 1982 sous le titre "Drôles de bulles". Cette enquête policière de Christian Saint-Roche scénariste-rédacteur et Max Lenvers dessinateur est une occasion de découvrir le monde du champagne, l'élaboration de ses vins et l'usage qu'il convient d'en faire.

   

Dans la BD comme dans les romans, certains auteurs étrangers se sont également inspirés du champagne, tel le coréen Kang Mo-rim.

Vers 1970, un grand auteur belge, François Walthéry, publie (sous le pseudonyme de Pop’s) une BD dans laquelle le champagne est conforté comme symbole de joie, de fête, de bonheur, d’abondance.


En 1983 une jeune artiste formée aux Arts Déco et aux  Beaux Arts de Paris, Nicole Lambert, publie dans l’hebdomadaire Madame Figaro une nouvelle page faisant apparaître deux garçons et une petite fille appelés « Les Triplés ». Avec des images claires, un trait net et beaucoup d’humour, l’artiste rend ses petits personnages bien réels et sympathiques, dans la lignée d’Hergé pour Tintin ou d’Uderzo pour Astérix. Comme ces deux grand Artistes de la BD, Nicole Lambert fait également parfois apparaître de grands champagnes dans ses illustrations car le champagne lui semble un incontournable symbole de la France et de la joie de vivre.

En 1996, naît la série « Caroline Baldwin » que  talentueux auteur belge de BD André TAYMANS affectionne tout particulièrement. Il dépeint son bivouac sur un sommet, sablant le champagne que son compagnon avait eut le courage d’emporter pour y célébrer leur exploit.

De 1970 à 2000 un autre auteur belge Willy Lambil (Lambillotte) publie en annexe de sa célèbre collection « Le journal de Spirou » une cinquantaine d’albums relatant les aventures des « Tuniques Bleues »  militaires de l’armée américaine. Willy Lambil imagine ces soldats utilisant avec enthousiasme les bouteilles de champagne comme canons.

En 1998 une Bande Dessinée a été publiée par les Editions WINE CLASSIC de CASTERMAN sous le titre "les voyages du comte". Cette histoire a le champagne pour centre d'intérêt.

André Franquin imaginât également son personnage des années 1950 "Gaston Lagaffe" comme un grand amateur de champagne.

Dans leur Tour de Gaulle, Asterix et Obelix, à Durocortum (Reims), se procurent des amphores de vin. en souvenir de leur passage.

Le Champagne a aussi inspiré une série de BD intitulée Fanzine Champagne.

       

La BD organise le Festival de ses Bulles en Champagne !

Bob Morane, héros d'une série de bandes dessinées, créé en décembre 1953 par le romancier belge Charles-Henri Dewisme sous le pseudonyme de Henri Vernes. Sorte d'aventurier mi-justicier (mi-barbouze), le personnage évolua au cours de son demi-siècle d'existence pour se trouver impliqué dans des aventures de plus en plus complexes. Aux voyages exotiques, dans lesquels se mêlent espionnage et science-fiction. Bob Morane aime le champagne comme le montre son illustrateur Patrice Sanahujas en 1990.


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