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Exposition universelle de 1900 à Paris
Inauguration 14 avril - 12 novembre 1900 Fête des vendanges
Deux millions de visiteurs au Palais du Champagne
parmi les Pays ou Régions du Monde

Exposition Universelle 1900
Pavillon Mercier
Le ballon MERCIER élève 10 000 visiteurs
à 300 mètres d’altitude
Deux attractions de l’Exposition universelle de 1900 à Paris étaient proposées aux visiteurs par le Champagne Mercier : un film projeté dans son superbe pavillon et une ascension dans la nacelle d’un ballon captif permettant de découvrir l’exposition vue du ciel avec les caractéristiques suivantes :
- un des plus importants ballons de son époque (volume d’hydrogène de 2 500 m3),
- conçu par les deux ingénieurs aéronautes Louis Surcouf et Eugène Godard,
- piloté par Louis Vernanchet, fondateur de l’Ecole normale d’aérostation et ses 2 fils,
- nacelle circulaire pour 12 personnes. Mercier sur le ballon en lettres de 3 m de haut,
- fonctionnement captif, du 2 juin au 12 novembre à proximité du château de Vincennes,
- billets au prix de 5 francs achetés par plus de 10 000 personnes enthousiastes de leur envol à 300 m.
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Le 14 novembre, tandis que l’Exposition venait de fermer officiellement ses portes, Louis Vernanchet, ses deux fils, copilotes, son épouse, ses deux filles ainsi que quatre autres personnes furent les héros bien involontaires d’une aventure qui aurait pu leur coûter la vie.
Un vol du ballon Champagne Mercier, transformé pour l’occasion en ballon libre, avait été organisé. Le départ eut lieu à 11 heures du matin et voici le récit de Louis Vernanchet : « A peine avons-nous dépassé les arbres du bois de Vincennes qu’aussitôt nous entendons les habitants de Charenton et de Saint-Mandé crier : « Le Mercier qui s’en va ! Le Mercier part ! » Il y a comme un regret dans la voix de toutes ces bonnes gens qui avait pris l’habitude d’être dominées presque quotidiennement par le Champagne Mercier. Pour déjeuner som-mairement, chacun s’installe de son mieux, car nous sommes à l’étroit. Nous franchissons La Ferté-sous-Jouarre à 1 650 mètres d’altitude et nous nous engageons au-dessus d’une splendide mer de nuages. |
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Dix mille visiteurs de l’Exposition universelle de Paris 1900
osèrent l’ascension en ballon captif proposée par Mercier. |
A ce moment, une légère brise nous caresse en nous indiquant ainsi que nous changeons de milieu ambiant. Au-dessous, les rues ont l’air d’aller moins vite que nous et nous rattrapons notre cirque de nuages du début. La Marne est deux fois traversée. Une nouvelle couche de nuages s’est formée au-dessous de nous, les trouées sont au loin : toutefois on distingue encore assez la terre pour reconnaître Château-Thierry. Notre voyage continue par un temps splendide.
Tout à coup, nous apercevons une ville, mes deux fils et notre aide Fourat consultent la carte. – C’est Epernay ! crie Maurice. J’aperçois le chemin de fer, en quelques secondes je m’oriente : je vois que nous allons passer juste au-dessus du château et des caves Mercier. C’est bien le château et, en bas, au niveau de la ligne de chemin de fer, les immenses caves du Champagne Mercier. On nous a vus, on nous salue avec de larges gestes, et un grand branle-bas s’effectue dans les établissements et les bâtiments alentour.
Partout, durant la traversée d’Epernay, d’Aÿ et jusqu’au camp de Châlons, ce ne sont que cris : « Un ballon ! C’est le Champagne Mercier ! Descendez, on vous en fera boire ! » Cris mille fois répétés à tous les échos. Il est 3 heures, je parle de descendre de l’autre côté de la voie, mais un voyageur insiste pour que je continue encore une heure ou deux. J’ai la faiblesse de ne pas lui résister et nous traversons bientôt la forêt de Reims à 380 mètres d’altitude avant de remonter à 2 090 mètres.

Louis Vernanchet, Commandant de bord et ses fils Maurice et Louis copilotes,
veillaient à la sécurité des passagers.
A l’horizon, des montagnes de nuages, et ce soleil radieux quoique lointain et n’allant pas tarder à disparaître sous nos yeux toujours émerveillés. Nous approchons de terre, ou plutôt la terre semble se soulever rapidement en venant à notre rencontre. Je fais parer à tous par mes aides : Maurice se tient prêt à couper la cordelette retenant la corde de l’ancre ; mon autre fils Louis, veille à ce qu’aussitôt cette manœuvre effectuée, tout le monde prenne position pour le choc possible et probable. »
« L’endroit est propice ; pour ne pas le dépasser, il faut vider du gaz ; je tire la corde de soupape servant à déterminer la déchirure de la calotte placée sous la soupape supérieure et donne presque au même instant l’ordre de couper la cordelette et de jeter l’ancre, ce qui est exécuté en un clin d’œil. Je sens une résistance. Je tire une seconde fois… Hélas ! La corde se rompt. Dès lors, nous n’avons plus aucun moyen de laisser échapper notre gaz. N’étant plus maître de la soupape, c’est la course forcée à la dérive qui commence. Nous ne pourrons atterrir qu’au moment et à l’endroit choisis par la destinée !
Mes fils ont compris, car ils sont aéronautes depuis l’enfance. Le guiderope traîne et l’ancre se trouve à 20 mètres au-dessous de nous. Malgré la nuit noire et le froid, nous restons en équilibre tant l’enveloppe est étanche mais le ballon court toujours à la merci du vent furieux qui nous emporte vers l’inconnu. Le guiderope s’est effiloché et forme maintenant un terrible martinet qui décapite les arbres avec des craquements sinistres.
Pendant trois heures et demie nous voyageons de la sorte, renversant tout sur notre passage, mais il faut le laisser traîner dans l’espoir d’un arrêt salutaire. Or, le ballon ne veut plus s’arrêter ! Plus loin ! Encore plus loin ! Enfin la silhouette d’un village s’estompe dans la brume ! Mais le guiderope se contente d’en décalotter toute une rangée de maisons qui se trouvent sur la ligne de marche de l’aérostat. Une pluie de tuile en résulte sur le pays, dont les habitants surpris et croyant sans doute à un cataclysme subit, sortent en poussant des vociférations diverses.
Le guiderope, dans une clairière, manque de renverser des braseros autour desquels se chauffent des bûcherons. Il est 8 heures 30, ce que j’avais prévu enfin arrive : le terrain d’un monticule vient droit sur nous, alors que jusqu’ici nous avions contourné toutes les saillies du sol.
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Le 14 novembre l’Exposition universelle de Paris 1900 est terminée, le ballon captif s’échappe
et s’envole au-dessus du bois de Vincennes pour rejoindre Epernay et atterrir à la frontière Belge. |
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L’ancre a happé une haie mais tient bon, tandis que le monstre de soie tire et se secoue furieusement au bout de la corde sous la violence du vent. Le temps passe et nous restons heureusement accrochés pendant que l’aérostat se livre à une sarabande désordonnée. Enfin un homme accourt et relevant la tête voit que les appels proviennent du ballon en détresse. Il approche et trois autres suivent ; j’en prie un d’aller chercher du monde au village.» |
Après d’énormes difficultés pour ramener à terre la nacelle et dégonfler complètement le ballon, l’équipage est recueilli par les gens du lieu et apprend qu’il se trouve dans un village qui se nomme La Besace, situé non loin de la frontière belge. Méfiante à l’égard de cet engin peu ordinaire, la police locale aurait procédé à son inspection et, y trouvant six bouteilles de champagne, qu'aurait infligé au pilote une amende pour… importation illicite de champagne ! Eugène Mercier aurait alors répondu : « C’est la publicité la moins chère que j’aie jamais faite. La relation de cette aventure dans la presse me revient à moins !»
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