Pour
la santé : Champagne
ou Bourgogne ?
Une curieuse querelle
qui dura plus d'un siècle opposa certains médecins,
champions des vins de Beaune et d'autres, défenseurs des
vins de Champagne. Entre 1652 et 1780, on s'affronta à coups
de thèses. Sont en lice les Facultés de médecine
de Reims et de Paris, car il n'y a pas d'université à Dijon. À vrai
dire, on ne risque pas d'assommer l'adversaire avec un “travail
de doctorat”
(comme disent alors les Allemands) car une thèse médicale
au début du XVIIIe, siècle est imprimée
sur une affichette de 27 centimètres sur 32 ; elle aura
une dizaine de pages du même format à la veille de
la Révolution.
Ces
thèses semblent d'ailleurs avoir parfois une finalité
publicitaire liée à des aides financières,
offertes par le négoce à des étudiants.
On n'ose qualifier leurs démonstrations
de scientifiques. Gilles Culloteau soutient en 1700 que « le
vin de Reims est plus agréable et plus sain que celai
de Bourgogne ». En 1739, Jean François
déclare que le vin de Bourgogne donne la goutte. En
1781, Robert Kinguet affirme que « le vin de
Reims est aussi agréable que salutaire ».
En 1771, la Faculté de
Paris reconnaît au vin de Champagne des propriétés
diurétiques...
On compare à l'époque
ce qui est comparable car le vin de Champagne qui prétend
rivaliser avec le bourgogne est en effet tranquille. |
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Cependant, en 1777,
une thèse concerne le vin effervescent : le Dr Navier proclame
qu'il peut guérir les fièvres putrides. Pour Reims,
l'affaire
était importante car la malaria sévissait autour
des douves nauséabondes stagnant au pied des anciens remparts.
Mais la quinine, découverte en 1820, fut sûrement
plus efficace que le vin de Champagne.
Le vin blanc d'Épernay semble pourtant
avoir été un bon remède lors d'une épidémie
de grippe, en 1729. Un ami de Bertin du Rocheret, le Dr Falconnet, n'estimait-il
pas que le vin blanc de Champagne, ayant pris suffisamment d'âge,
était le plus propre à « perpétuer
la santé de l'homme »... |