24.
Agrémenter les mets des repas
Boire du Champagne, c'est un plaisir qu'il faut renouveler le plus souvent
possible mais toujours avec modération et c'est donc du
matin au soir et du soir au matin que peuvent se présenter
ou se créer les occasions de boire du Champagne, pour le
symbole qu'il représente, mais aussi parce qu'il est un
excellent vin, évidence trop souvent perdue de vue. Dans
une certaine mesure cependant, aux diverses activités de
la journée correspondent des habitudes particulières
de consommation du Champagne. | |
1 - LE CHAMPAGNE AUX REPAS PRINCIPAUX
A
- Les déjeuners et dîners au Champagne
Rien ne vaut le repas au Champagne où le grand vin est
servi exclusivement du début à la fin. Bien conçu,
c'est le sommet du raffinement et de l'élégance.
Il n'est
dans l'esprit de personne de ne pas accueillir aux repas les excellents
vins du Bordelais, de la Bourgogne, de l'Alsace, de la Loire, des
Côtes-du-Rhône, et des autres vignobles de France et
de l'étranger. Les déguster (avec modération)
est souvent un plaisir rare dont il serait bien dommage de se priver.
Le Champagne et ces nobles personnages ne se font pas concurrence,
ils se complètent. Les repas au Champagne ne peuvent qu'être
occasionnels et ils prennent ainsi une valeur d'exception.
Ainsi compris, le repas au Champagne crée la fête
et met les convives en état de grâce, avant même
que les agapes aient commencé. Toute fête suppose
en effet un décor ; avec le Champagne, il est réalisé
tout naturellement par le seau à glace et l'habillage
somptueux de la bouteille, qui n'attend que les trois coups
du début de la cérémonie pour laisser
éclater le feu d'artifice de ses bulles. Au premier
verre, le Champagne donnera le ton qui, selon les circonstances,
sera celui de la confidence, de la jovialité, voire
de l'intellectualité, car il est le plus éclectique
des vins et ses effets sur le psychisme donnent à chacun
ce qu'il en attend. C'est en outre un vin merveilleux en toutes
saisons. En été, il permet de boire frais tout
au long du repas. En hiver, il rafraîchit la chaleur
communicative des banquets, qui peut également être
celle des tête-â-tête.
Le repas au
Champagne n'a pas seulement pour avantage d'assurer la réussite
d'ambiance d'un déjeuner ou d'un dîner. C'est
une formule commode à plusieurs égards. Il évite
le panachage des vins et en cela il est d'actualité.
L'hôte n'a pas à se préoccuper de choisir
entre plusieurs vins et de régler l'ordre d'apparition
de ceux qu'il aurait retenus, ce qui peut poser à certains
quelques soucis. En outre, les convives s'en trouvent bien,
car il en est dont l'organisme s'accommode mal d'un mélange
de vins ; c'est d'ailleurs ce qui fait le succès du
Champagne pour les repas d'affaires, car il laisse l'esprit
clair et le corps léger. |
|
Avec
le Champagne servi comme vin unique, les dispositions préparatoires
au repas sont très simplifiées. On peut l'acheter,
ou le remonter de la cave, peu de temps avant, ce qui n'est pas
le cas d'un Haut-Brion ou d'un Volnay. On n'a pas besoin de décanter.
Il est enfin beaucoup plus aisé de rafraîchir à
la bonne température le Champagne que de chambrer convenablement
un vin, en hiver par exemple lorsqu'il fait 20° dans la pièce,
ce qui est trop chaud, lorsque dehors il gèle et que dans
la cave, à 12°, il fait trop frais pour les grands vins
rouges. Le service est lui aussi simplifié. Il suffit d'un
seul type de verre, dont l'élégance joue son rôle
dans le décor, et la nappe reste immaculée si le Champagne
y a été renversé par mégarde, même
en quantité appréciable, cela étant cependant
moins vrai pour le rosé.
B
- Le Champagne au dessert
C'est au dessert des deux repas principaux que coule surtout le
Champagne. Les puristes le regrettent car ce n'est pas le meilleur
moment : à la fin du repas les sens sont émoussés
et ne peuvent percevoir toutes les finesses d'un vin aussi délicat
que le Champagne. En outre, comment apprécier un vin dans
le brouhaha qui termine parfois un dîner.
En ce qui concerne les possibilités d'appréciation
du vin, le Champagne est cependant à sa place en fin de
repas si on le choisit dosé. Mais c'est en général
du brut que l'on verse, ce qui rend difficile la compatibilité
du vin et du dessert, la siccité de l'un s'opposant à
la douceur de l'autre. Les Champagnes dosés, au contraire,
s'harmonisent bien avec les mets sucrés et c'est justement
pour cette raison qu'en tant que vins de dessert ils ont conquis
leur place à table dans la première moitié
du XIXe siècle. En outre, si on a bu des Champagnes bruts
au cours du repas, il est logique de se reposer le palais avec
un vin plus doux, comme on le fait pour les mets avec le dessert.
Dans leur grande majorité, les gastronomes et experts sont
formels : le Champagne convient aux desserts et aux pâtisseries
du goûter, à condition qu'il soit sec ou demi-sec.
Indépendamment des dosés, certains Champagnes conviennent
bien au dessert lorsque l'on peut se les procurer : ce sont les
bruts millésimés anciens, assez récemment
dégorgés. L'âge n'est d'ailleurs pas nuisible
aux secs et demi-secs pour cette utilisation, bien au contraire
; voici l'avis donné à ce sujet dans la revue Touring
d'avril 1980 par Jacques PUISAIS, Président de l'Union
nationale des Oenologues "Sur les desserts, quoi qu'on en pense,
les Champagnes doux donnent de bons résultats surtout lorsqu'ils
sont âgés".
Il existe cependant une solution susceptible de satisfaire tout
le monde et qui consiste à donner le choix au dessert entre
un Champagne dosé et le brut qui a accompagné le
plat précédent.
C - Accord des mets et des vins dans
un repas au Champagne
Foie-gras
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Filet de bar
Vidéo 0'40 min |
Côte de veau
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Par sa distinction, le Champagne met en valeur les mets de choix.
Cette association a toujours été évidente.
Encore faut-il que les correspondances gustatives atteignent leur
plénitude, puisque les aliments solides influent sur l'appréciation
des vins et réciproquement. Il y a, pour préparer
un repas au Champagne, des choix à faire, des erreurs à
éviter. Un repas au Champagne doit être étudié
comme un plaisir rare.
Pour un repas en tête-à-tête, un brut millésimé
ou non conviendra tout au long du déjeuner ou du dîner.
Au début, on le dégustera comme il convient, et
à la fin, l'euphorie qu'il aura créée entre
les deux partenaires les empêchera de se demander si un
dosé serait alors préférable, de même
qu'en cours de repas de se rendre compte si le type choisi était
celui qui convenait le mieux à chaque plat. Toutefois,
s'il s'agit d'amateurs éclairés, ils éviteront
ces scrupules en établissant leur menu en fonction du Champagne
selon les principes énoncés plus loin.
Pour une compagnie plus nombreuse, le repas au Champagne deviendra
un repas aux Champagnes... car il faudra en prévoir plusieurs
types afin d'harmoniser au mieux l'accord des vins et des mets
tout au long du repas. Rien n'est absolu dans ce domaine, puisque
tout ce qui est de nature gustative est en partie subjectif. Mais
on peut s'appuyer sur des principes généraux, dictés
par la logique, consacrés par la tradition et auxquels
souscrivent la plupart des gastronomes.
Au cours d'un repas de quelque importance les sens s'émoussent
progressivement. On débute donc par des plats légers,
ceux qui suivent devenant de plus en plus riches, jusqu'au rafraîchissement
qu'apportent la salade et les desserts séparés par
l'intermède du fromage. Pareillement on suit dans le choix
des vins un ordre ascendant, le vin corsé devant suivre
le vin délicat, le vin vieux le vin jeune, le vin doux
le vin sec, avec des combinaisons nécessaires pour que
l'on aille toujours de la fraîcheur vers la puissance, en
augmentant l'intensité de caractère, et que le vin
que l'on boit ne fasse jamais regretter le précédent.
Le parallélisme entre les saveurs et les parfums des mets
et des vins est donc relativement aisé.
Chaque Champagne possède son propre style qui signe le
caractère de la marque. Un commentaire de dégustation
doit donc se conclure par une évocation de cette silhouette.
Par exemple, on pourra distinguer des penchants masculins ou féminins.
Qualifier un Champagne de sincère, distingué, séduisant,
franc, viril, ou solide ferait pencher le style vers le sexe mâle.
Lui accoler des mots comme caressant, aimable, tendre, évanescent,
affriolant, gracieux ou extravagant dénoterait un caractère
féminin. Mais les analogies peuvent être de tout
ordre, les comparaisons avec toutes les formes d'art sont permises
; on peut comparer tel Champagne à un tableau de Rubens,
tel autre à une sculpture de Giacometti, l'évocation
est très parlante et se passe d'un long commentaire ; tout
comme les analogies avec la musique, un Champagne qui fait penser
à Debussy ne peut se confondre avec son voisin qui évoque
Wagner ! On pourra aussi introduire des termes de caractère
ou de qualité morale, comme pudique, loyal, gentil, charmeur,
câlin, espiègle, guilleret, polisson, fantasque,
hautain, fougueux. La classe sociale peut être mise à
contribution, les mots de pauvre, indigent, commun s'opposent
à racé, noble, princier ou royal, ceux de paysan
à bourgeois, d'ordinaire à aristocrate. Les Champenois
ont préféré les classer en Champagnes de
coeur, de corps, d'esprit ou même d'âme. On le voit,
chaque dégustateur peut puiser dans la richesse de la langue
française pour trouver le mot juste, s'inspirer de sa propre
culture, trouver le mot qui porte et qui résume à
lui seul un style de Champagne. Il pourra les clamer tout haut
ou les susurrer à l'oreille de sa bien aimée, le
Champagne rend poétiques les discours et amoureuses les
déclarations, il donne du génie au dégustateur
!
-
Le Champagne à table
Les alliances gastronomiques avec le Champagne reposent sur les
accords classiques, arôme pour arôme, structure pour
structure, selon que l'on choisisse l'accord de famille ou l'accord
de contraste, mais vient s'ajouter la notion de texture, de dégustation
tactile. Le gaz carbonique en effet vient agacer la bouche, il
constitue un élément essentiel dans les alliances
avec les mets : il peut aller dans le même sens que l'acidité
d'un plat, en la renforçant, ou faire un contraste éclatant
avec le velouté d'une sauce, chacun servant de faire-valoir
à son partenaire.
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À l'apéritif
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Nous sommes à l'apéritif dans l'instant magique
où le Champagne est roi. Vin de fête, vin qui
délie les langues et facilite les approches, il se
marie avec les amuse-gueules qui circulent de plateau en
plateau, il orne la main des femmes et donne aux hommes
l'envie de les resservir. C'est le moment de servir un Champagne
Blanc de Blancs, plutôt jeune, doué d'une fraîcheur
qui ouvre l'appétit et séduit les bouches
encore vierges. Il va préparer le palais au repas
qui va suivre, il est la première impression gustative
de la fête qui s'annonce. Pour le mettre en valeur,
les petites tartes au fromage, les fruits secs, les toasts
au saumon fumé, au foie gras les petites tranches
d'andouillette seront préférables aux mélanges
sucrés, aux micro pizzas ou aux charcuteries trop
rustiques. |
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Sur le caviar
Deux mets
de luxe se rencontrent, le caviar avec sa force aromatique,
le Champagne avec ses bulles et sa finesse. Le choc peut
être violent si l'on ne prend pas garde à assortir
les partenaires. Un Champagne Blanc de Blancs, plutôt
jeune et vif pourra tirer son épingle du jeu. On
peut aussi choisir un Champagne corsé, riche en raisins
noirs, encore jeune pour lui garder le tonus nécessaire,
mais l'alliance fonctionne mieux dans la tête que
dans le palais. |
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Sur les fruits de mer
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Le Champagne Blanc de Blancs non millésimé
est ici à sa place. Pour des huîtres creuses
préférez un Champagne jeune, pour des belons
un Champagne millésimé mature sera à
la fête. Les langoustines, les Saint-Jacques, le homard
ou la langouste préféreront des Champagnes
plus rassis, il faut équilibrer les forces gustatives. |
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Sur les poissons
Les poissons
d'eau douce, sandre, brochet ou truite raffolent des Champagnes
Blanc de Blancs, frais et délicats, leur mousse fait
contraste avec le beurre ou la crème qui entrent
dans les plats. Les poissons de mer, bar, sole, rouget appelleront
des Bruts non millésimés, équilibrés
entre raisins blancs et raisins noirs. C'est avant tout
la sauce qui déterminera le choix, à sauce
légère, vin fringant, à sauce riche,
vin mature. Pour les plats composés, évitez
la bouillabaisse ou la bourride, trop dominatrices, mais
un couscous de poissons ouvre des horizons étonnants. |
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Sur les charcuteries
On pourrait penser à priori que l'alliance est contre nature,
et cependant l'andouillette à la moutarde, le boudin blanc
ou les pâtés en croûte offrent des occasions
de contrastes excitants. Une mention spéciale pour le foie
gras : l'alliance est tentante mais souvent décevante avec
une terrine mi-cuite, les deux partenaires restent sur leurs positions
; par contre sur un foie gras chaud, aux pommes par exemple, le
mariage fonctionne à merveille, le fondant du foie est
tonifié par le Champagne, le vin est enrobé par
la texture du divin viscère. On choisira un Champagne millésimé,
riche en pinot pour cette expérience.
- Sur les volailles
C'est peut-être avec les volailles, poulets de ferme,
pintades ou chapons que le Champagne brut, qu'il soit millésimé
ou non mais toujours riche en pinots, trouve son meilleur
partenaire. Si la volaille est simplement rôtie, la
texture souple et fondante de la viande se marie fort bien
avec les bulles du vin, les arômes légers du
plat ne masquent pas ceux du vin. Pour une plébéienne
poule au pot, un Blanc de Noirs jeune fera l'affaire. Si
la volaille est cuisinée, avec des champignons en
particulier, on préférera un brut plus âgé,
ou un Champagne rosé... Quant à la truffe,
elle est reine avec des Champagnes âgés, rassis,
dans la plus grande expression de leur complexité.
L'accord est alors fantastique, chaque partenaire se sert
de son commensal pour se transcender. |
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Sur les viandes
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Tout comme pour les volailles, les viandes blanches sont
idéales, une belle côte de veau, une blanquette,
un jambon braisé, un filet mignon de porc, surtout
si la crème fraîche entre dans le plat, seront
des partenaires aimables, les bruts millésimés
s'en trouvent flattés. Pour les viandes plus sapides,
boeuf et surtout agneau, un Champagne rosé s'impose,
ne serait-ce que pour assortir les couleurs. Les plats uniques
donnent des occasions de contrastes culturels. Un pot-au-feu
opposera sa rusticité à la finesse du Champagne,
le meilleur moment de l'expérience viendra avec le
couple moelle-vin. Un boeuf aux carottes aimera un Champagne
rosé, tout comme un osso-bucco. Quant aux préparations
plus exotiques, la cuisine chinoise ou thaïlandaise
par exemple, elles aiment les Champagnes plus suaves, des
demi-secs par exemple pour se fondre dans les alliances
sucrées salées. |
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Sur les fromages
II n'y a pas meilleur
accord que celui du coulommiers et du Champagne, on choisira
un brut non millésimé plutôt corsé,
le moelleux du premier et la vivacité du second font
merveille lorsqu'ils se rencontrent. On peut y ajouter le
maroilles, le camembert, le reblochon, le comté ou
le brie. On évitera par contre tous les persillés,
l'accord serait contre nature. |
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Sur les desserts
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Voilà une question qui fâche, elle fâche surtout le vin qui se trouve déshabillé lorsqu'il est confronté à un plat sucré. Si l'on veut rester sur des vins bruts, le choix est très restreint : on peut essayer une soupe de pêches sur un Blanc de Blancs, une tarte aux fraises sur un Champagne rosé, ou un assortiment de fruits rouges. Une solution élégante consiste en un sorbet au Champagne avec le même vin, ce que l'on appelait autrefois un "spum". Un gratin de fruits au sabayon de Champagne fera l'affaire avec un brut plus âgé, tout comme un soufflé. Si la force sucrée monte en puissance, il faudra passer à un Champagne demi-sec avec un risque de lourdeur, surtout en fin de repas où la bouche est déjà fatiguée.
Il existe cependant une solution susceptible de satisfaire tout le monde et qui consiste à donner le choix au dessert entre un Champagne dosé et le brut qui a accompagné le plat précédent. Pratiquement toutes les saveurs sont mises en valeur par le champagne, exception faite du chocolat avec lequel seul un demi-sec ou sec peut convenir.
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En fin de soirée
Si le dessert n'est pas la place de choix
du Champagne, il reprend sa prééminence lorsque
les papilles se sont reposées. En fin de soirée,
lorsque les conversations se prolongent, le Champagne peut tenir
un discours jusqu'au fond de la nuit. C'est alors la place des
Cuvées de Prestige les plus folles et les plus rares ;
on les sirotera à petites lampées, accompagnées
d'un cigare de la Havane, en refaisant le monde au coin du canapé.
(Extrait de "Champagne : les mots et les
mets" de Pierre CASAMAYOR - Guide Hubert 2000)
| 2 - LE
CHAMPAGNE AUX AUTRES REPAS |
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Indépendamment du déjeuner et du dîner, d'autres
repas peuvent se faire au Champagne.
Le petit-déjeuner au Champagne, le Champagne-breakfast
en pays anglo-saxons, le Champagner-Frühstück en Allemagne
et en Suisse alémanique sont admis et appréciés
chez soi et à l'hôtel. Quant à ce repas agréable
et pratique que les anglo-saxons appelent le brunch, contraction
de breakfast et de lunch, et qui remplace les samedis, dimanches
et jours de fête à la fois le petit déjeuner
et le déjeuner, il s'accommode merveilleusement du Champagne,
qui correspond bien à son caractère d'agréable
exception et s'accorde généralement au mieux avec
ce que l'on y mange. Au souper, le Champagne est la boisson la
plus apte à en assurer le succès et à procurer
une digestion facile et un sommeil agréable.
Pour le petit déjeuner, un Champagne brut sans année
fera très bien l'affaire. Il en sera de même pour
le brunch et le souper, à moins que l'on ne souhaite raffiner
et les ordonner autour du Champagne, comme les repas principaux.
Le Champagne demi-sec s'impose toutefois pour succéder
au brut si le souper comporte bûche de Noël ou autres
mets sucrés, en Grande-Bretagne notamment pour accompagner
le Christmas pudding, et il peut parfois remplacer complètement
le brut pour un brunch à dominante douce.
3
- LE CHAMPAGNE ENTRE LES REPAS
En dehors des repas, nombreuses sont les occasions d'ouvrir une
bouteille de Champagne. Chez soi, comme au bar ou au restaurant,
le Champagne est l'apéritif idéal, la plus saine
et la plus euphorique des boissons que l'on puisse prendre avant
un repas.
Dans la soirée, lorsque la soif se fera sentir, ou mieux
un peu avant, on offrira à ses hôtes le Champagne
de l'après-dîner qui ranimera les conversations et
mettra le point d'orgue idéal à une agréable
réunion. Au bal, privé ou public, le Champagne est
le meilleur auxiliaire des danseurs. Il ranime leur énergie
et, tout en les rafraichissant, il constitue pour eux un plaisir
sans cesse renouvelé pour autant qu'il soit mis largement
à leur disposition, comme il se doit.
Que l'on rentre du théâtre, ou du cinéma,
ou de chez des amis, ou bien que l'on soit resté chez soi,
le Champagne terminera très bien la soirée, sur
une note agréable et sédative. Et si, par aventure,
les excès de la veille ont rendu le lendemain le réveil
pénible, contre la "gueule de bois" un verre de Champagne
à 11 heures du matin est le meilleur des remèdes
en attendant l'apéritif où le vin pétillant
a toujours une place privilégiée.
Nombre de personnes ayant à fournir un travail intellectuel
intense et prolongé ont pris l'habitude de couper leur
période d'effort par un verrre de Champagne. Il peut se
prendre au bar. Il peut se prendre aussi au bureau, accompagné
ou non de sandwichs et d'amuse-gueule, la pause Champagne se substituant
alors avantageusement à la "pause café". Une autre
rémission appréciée est celle que s'accordent
dans un salon de thé les chalandes des grands magasins
et boutiques de toutes sortes. Le Champagne y remplace parfois
le thé, comme d'ailleurs dans les cinq à sept ou
goûters de dames.
Des fleuves de Champagne sont bus lors des réceptions de
mariage et cérémonies familiales diverses, vins
d'honneur, mondanités et autres festivités tenues
à des heures qui ne sont en général pas les
plus propices à l'appréciation d'un grand vin, mais
sans que cela soit d'une importance extrême, l'attention
des participants étant davantage attirée par d'autres
considérations. A noter que dans ce genre de manifestation
le Champagne est plus facile à servir que les boissons
coupées d'eau, comme le whisky.
Quel Champagne boire dans ces diverses occasions ? Un brut sans
année, sans dominante particulière, sera toujours
à sa place, sans recherche de raffinement puisque ce sont
essentiellement son pouvoir rafraîchissant et euphorique
et sa faculté de favoriser les relations sociales qui sont
en cause. Rien n'empêche, toutefois, de choisir le type
le plus approprié. Pour l'apéritif, on préférera
généralement un Champagne peu corsé, un blanc
de blancs ou un crémant, et ce sera même une nécessité
si un repas au Champagne a lieu ensuite, faute de quoi son successeur
immédiat pourrait sembler manquer de caractère.
On pourra aussi tenir compte de divers facteurs, comme par exemple
la saison, qui fera préférer en été
un Champagne moins corsé qu'en hiver. On choisira un Champagne
dosé chaque fois qu'il sera prévu des gâteaux
ou sucreries ou, plus généralement, lorsque le goût
des buveurs l'exigera, comme c'est le cas pour les dames de certains
pays et assez souvent pour les jeunes gens qui ne sont pas encore
habitués au Champagne.
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