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CONCOURS POÉTIQUES CHAMPENOIS
Trois concours poétiques
ayant pour thème le champagne ont été créés
à Épernay dans la deuxième moitié du XIXe
siècle.
En 1865, Alfred Roger, négociant en vins de Champagne,
a proposé par voie de presse aux poètes de « faire
l'éloge du vin de Champagne, sans distinction de marque ».
233 poésies furent envoyées, dont 66 furent publiées
en 1867 dans un livre intitulé « Le Concours poétique
sur le vin de Champagne », avec une préface d'Alfred
Roger se terminant ainsi :
Honneur à toi, Champagne, premier fleuron de
ma province !
Honneur à vous, Poètes, qui m'avez aidé
à élever un monument littéraire à sa gloire !
Voici un extrait du poème du gagnant du concours,
P. Lorié :
L'HYPOCHONDRIAQUE
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— Voulez-vous de vos jours raviver le flambeau ?
Suivez de point en point ce qu'on va vous prescrire.
— A tout, Docteur, à tout je suis
prêt à souscrire.
— Bifteeks, rosbifs, chapons vous seront
seuls permis ;
À dîner, chaque jour, invitez des amis,
Gens de bon appétit et d'humeur joviale ;
Surtout — et c'est ici la chose
capitale,
Car le salut pour vous n'est qu'au fond du caveau,
Surtout qu'un vieux Champagne, échauffant le cerveau,
Au bruit des gais refrains d'une aimable folie,
Chasse au loin la tristesse et la mélancolie.
Ainsi donc du Champagne, et du Champagne encor !
Et vous verrez bientôt refleurir l'âge d'or.
A l'occasion du Concours Viticole
d'Épernay de 1884, Armand Bourgeois, percepteur à Pierry
et homme de lettres, a organisé une deuxième compétition
sous le nom de « Concours poétique du Vin de Champagne »,
pour laquelle il a reçu 1 103 manuscrits, totalisant 66 403
vers !
Voici des extraits des poèmes des deux premiers
classés :
1er Prix
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La Muse, qui couvrait son jeune front de gloire,
A vu plus d'une fois Hugo lui-même boire
Le champagne mousseux avec sérénité,
Tandis qu'en son cerveau tout vibrant de génie,
L'idylle voltigeait, pas encore finie,
Dans un demi-contour d'ombre et de clarté.
Et ce que tu créais en ces heures sacrées,
Champagne, ô doux berceur des syllabes dorées !
C'était de la justice et c'était de l'amour,
Car tu collaborais avec l'homme sublime
Qui, démasquant l'intrigue et dérangeant le crime,
Chasse la nuit l'infâme et hâte le grand jour.
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Chante, bon vieux ! ris, jeune fille !
Viens boire un petit coup, voisin !
Vers le champagne qui pétille
La coupe s'allonge à dessein.
Clovis Hugues
(Député de Marseille)
2e Prix
Souriant, tu surgis de tes caves profondes,
Champagne, et te voici conviant aux tournois
Les poètes émus, étonnés, pour qui tu fondes,
Ô roi des vins français, un prix digne des rois !
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Ta mousse se posant aux lèvres des marquises
A leur poudre argentée a mêlé son argent,
Tu fus le conseiller d'aventures exquises
Dont grand'mère palpite encore en y songeant.
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Gaston Jollivet
(chroniqueur au journal « Le Figaro »)
Quant au troisième concours,
« La Chanson sur le vin de Champagne », il fut ouvert
en 1890 par l'Académie Champenoise, à nouveau sous l'impulsion
d'Armand Bourgeois. Les envois furent nombreux. Voici le refrain et le
dernier couplet de l'œuvre du lauréat, Amable Dubrac, qui
a été publiée en chanson sous le titre « Gloire
au Champagne », sur une musique d'O. Rigot.
Français, nous en aurons toujours
De ce vin d'or qui divinise.
Buvons à la France, aux amours
A toi, Lisette, à vous, Marquise !
Mes chers amis, bardes aimés,
Quand sonnera mon agonie,
Lorsque mes yeux demi fermés
Se voileront d'ombre infinie
Du vin d'Ay, du vin de feu,
Humectez ma lèvre mourante,
Si vous voulez qu'au sein de Dieu
Mon âme rentre triomphante.
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