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Appendice : la détermination du prix de vente du raisin Le prix réel de
cession du raisin résulte d'un accord librement négocié
entre chaque Maison
de Champagne et ses livreurs de raisin. Les raisins de Champagne sont "les plus chers du monde" car chaque parcelle est cultivée comme un petit jardin avec un minimum de 8.000 pieds de vigne par hectare ! L'équivalent de tous les fruits d'un cep de vigne sera nécessaire pour élaborer une bouteille de ce vin.
B) Un savoir-faire Maisons et vignerons
recherchant toujours la meilleure qualité, la technique du pressurage
est encadrée par une réglementation stricte souvent actualisée.
Les installations de pressurage
doivent respecter un cahier des charges précis, et ce n'est qu'ainsi
qu'ils pourront obtenir leur agrément. A ces exigences techniques
s'associent des impératifs d'un ordre humain : rechercher une continuité
optimale dans la succession des opérations, en particulier par
la réduction des temps morts, ceci pour éviter tout stockage
des raisins cueillis. Il s'agit également de réduire l'aspect
pénible des opérations grâce à un automatisme
plus poussé.
2) Le pressoir horizontal mécanique à plateaux L'extraction des jus est provoquée par le serrage des raisins entre deux plateaux verticaux montés sur une vis centrale. La rotation de cette vis en sens inverse de celle de la cage, fait gagner du temps et limite l'intervention manuelle. La cage horizontale est ajourée pour permettre l'écoulement des jus. Les modèles récents appelés "Champagne" régulent l'augmentation des pressions par palier, et ce en fonction de l'écoulement des jus. Introduit en Champagne au milieu des années 50, ce pressoir "Vaslin" fut le premier pressoir automatique. Il a une capacité de chargement de 2.000, 4.000, 8.000 ou 12.000 kg de grappes entières. Ils constituent le tiers des pressoirs champenois et pressurent le quart des raisins. 3) Le pressoir horizontal pneumatique à vessie centrale Construit par Mabille, il peut recevoir une charge de 6 000 kg de raisins entiers. Ce fut le premier pressoir à utiliser une source d'air comprimé : une chambre à air gonflable, située le long de l'axe central de l'appareil exerce une pression directe sur le marc. En dépit de son incontestable génie précurseur, il reste toutefois peu utilisé en raison de risques de crevaison de la vessie et d'une médiocre autofiltration des moûts. 4) Le pressoir horizontal pneumatique à membrane latérale Ce type de pressoir existe
en quatre versions pouvant accepter une charge de 2.000, 4.000, 8.000
ou 12.000 kg de raisins entiers. Les constructeurs sont nombreux : Bücher,
Diemme, Jouglet, Mazancourt, Péra, Siprem et Willmes. 5) Le pressoir horizontal hydraulique à poussée
latérale et à maie tournante Il représente la
plus récente innovation technique dans le domaine. Il fut introduit
en 1985 et il est construit par Coquard. Il existe en trois versions permettant
de recevoir 2.000, 4.000 ou 8.000 kg de grappes entières.
Ces deux derniers types
de pressoirs horizontaux représentent le quart du parc champenois
et pressurent le tiers de la récolte. Leur usage va croissant. D) La conduite du pressoir Pour résoudre cette difficulté tout en continuant à répondre aux normes d'extraction lente et progressive, imposées en Champagne, les services techniques de l'A.V.C., en accord avec les professionnels champenois et les constructeurs de pressoirs ont établi un cahier des charges définissant les limites de durée et de pression à exercer sur le raisin. Ils ont ainsi permis la création de consoles automatiques présentant l'avantage de garder en mémoire plusieurs programmes que le pressureur peut appliquer en fonction du cépage et de la maturité des raisins. Il existe aujourd'hui trois types de consoles répondant à ce cahier des charges : - les consoles de 1ère génération, avec programmes préétablis (constructeurs : Bücher, Coquard, Diemme, Jouglet, Magnum, Mazancourt, Péra, Siprem, Willmes) Tout y est prédéfini : choix des paliers de pression, choix des paliers facultatifs, durée de maintien et intensité des retrousses. On choisit au départ un programme qui peut, en fonction des particularités du raisin, être modifié manuellement à tout moment au cours du pressurage. - les consoles de 2ème génération, avec programmes pour l'écoulement du jus et temporisation (constructeurs : Diemme, Jouglet, Péra, Siprem, Willmes) La durée de chaque serre est automatiquement reliée aux fréquences de rattrapage de la pression à un palier de consigne donné, sans intervention manuelle. Deux temps sont prédéfinis par programme : le temps de rattrapage et la durée maximum de maintien à un palier donné. L'intensité des retrousses est prédéterminée. - les consoles de 3ème génération, avec programme de mesure du débit réel du jus (constructeur : Bücher et Péra)) Testée aux vendanges 1994, par l'A.V.C., une console de ce type (et ce, grâce à un débitmètre installé en aval du pressoir) permet de mesurer le débit réel du jus et d'en déduire le volume écoulé. Un logiciel détermine seul les durées de maintien à chaque palier de pression, le passage par paliers facultatifs en fin de serre et l'intensité des retrousses. Cette console assure une grande sécurité. E) Le fractionnement des jusL'objectif du pressurage est d'extraire le jus du raisin. Les grappes, très fragiles, doivent être manipulées avec beaucoup de délicatesse. Le principe de base est simple : il faut commencer par disposer dans la maie (ou aire de chargement du pressoir) un "marc" de raisins soit environ 4.000 kg de grappes entières. Enfin les plateaux, bloqués par des étais ou des équerres métalliques, reçoivent une pression progressive et discontinue, qui les fait descendre sur les grappes. Le jus coule alors entre les claies du pressoir. * Le tout premier jus (ou "autopressurage") résulte du pressurage naturel des raisins entre eux, lors du chargement. Il peut représenter 100 à 150 litres. Il est souvent éliminé lorsqu'il entraîne avec lui des impuretés ou du jus oxydé au contact des manipulations du raisin depuis sa cueillette. * Le premier jus (ou "cuvée")
est obtenu par trois presses (ou "serrages" ou "serres") successives et
discontinues. La première presse permet généralement
de recueillir près de 10,25 hl dans le "belon" (cuve de réception
en ciment, acier émaillé ou inox). Pour obtenir les 20,50
hl autorisés, on procède à la "retrousse", opération
qui consiste à casser les bords du "gâteau" (ou masse des
raisins moins écrasés), situés à la périphérie
et qui ont donc été soumis à une pression plus faible.
* Après ces trois presses, on effectue une troisième retrousse et l'on extrait alors un troisième jus (ou "taille") de 5 hl. Ce cycle peut conprendre 2 ou 3 presses suivant les raisins. La qualité d'un vin résulte de sa teneur en sucre, en acide tartrique et malique, ainsi qu'en potassium. Ces éléments se trouvent rassemblés dans la pulpe dont le gradient de sensibilité à l'éclatement se répartit en trois zones : - La zone intermédiaire
(1) riche en sucre et en acide, Le pressurage fractionné a pour objectif d'extraire les composés tels que présents dans la pulpe. La zone 1 éclatant en premier, la cuvée a une constitution chimique différente de celle de la taille. Elle est plus riche en sucre et en acide, plus équilibrée et présente davantage de bouquet. Une cuvée ne peut-être ni tâchée, ni oxydée. Si la taille est plus fruitée, moins acide et légèrement tâchée, c'est parce que le moût s'est chargé de matières minérales et colorantes, de colloïdes et de matières albuminoïdes. La cuvée et la taille seront donc vinifiées séparément. Ce souci de la qualité s'exerçant au détriment de la quantité est présent à tous les niveaux qui conduisent au vin effervescent de Champagne : de la culture de la vigne à l'élaboration des cuvées. Cuvée et taille pressées, le reste des jus constituent les "rebêches" qui sont directement envoyées en distillerie et permettront la fourniture d'alcool à laquelle les producteurs de vin sont assujettis par la loi. Enfin, le résidu
du pressurage, les pellicules, rafles et pépins, appelés
"aignes", sont distillés, après fermentation, pour obtenir
le marc de Champagne. F) Le sulfitageLes jus (ou moûts) recueillis, cuvée et taille, dans leur belon respectif ont été filtrés par un tamis en inox qui retient les résidus solides : pellicules, rafles, pepins ou impuretés. Pour limiter l'oxydation du moût au contact de l'air, le vinificateur procède au "sulfitage" en ajoutant une très faible quantité de produit oenologique indispensable pour l'obtention d'un moût de qualité qui préserve le fruité et la finesse des moûts. Le sulfitage facilite aussi la décantation du jus en assurant l'insolubilité, la coagulation et par conséquent la sédimentation naturelle des bourbes. Les enzymes pectinolytiques naturels du raisin encouragent également ces réactions. G) Le débourbageAprès son passage dans les belons, le moût est dirigé vers d'autres cuves dites de "débourbage". Là, il repose entre 12 et 24 heures, afin que toutes les matières étrangères en suspension se déposent. Cette décantation se déroule en deux temps : - une phase de coagulation, où les matières cellulosiques (ou mucilagineuses) coagulent et prennent du poids. - une phase de sédimentation, durant laquelle ces matières, de plus en plus concentrées, vont se déposer naturellement en un dépôt boueux (les bourbes) à la base des cuves. C'est ce dépôt qui va être éliminé par "soutirage". Les cuves de débourbage sont équipées de vannes d'écoulement munies de coudes décanteurs, réglés pour dépasser le niveau des bourbes déposées au fond. Ces cuves permettent d'emporter un jus débarrassé de la majorité des matières solides, dans des citernes compartimentées transportant les moûts jusqu'à la cuverie de fermentation. A son arrivée dans
la cuverie, chaque compartiment de la citerne fait l'objet d'un prélèvement
pour un premier contrôle analytique. Les moûts sont ensuite
placés dans des cuves de fermentation de différentes natures
: acier émaillé, inox, ciment verré ou foudres en
bois ("ou pièces"). A chacune de ces étapes, on
respecte scrupuleusement pour chaque moût, le type de fractionnement,
le cépage et le groupement des arrivages en fonction de leur cru
d'origine.
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