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Tonneaux & Tonneliers
de Champagne
Tonneaux, fûts et foudres de chêne, le goût
de tradition se perpétue dans les Maisons

Amphore à vin |
Dès
l'époque romaine, les vignes aux alentours de Reims induisaient
la fabrication de nombreux récipients. Les potiers produisaient
jarres et amphores, puis la tonnellerie leur fit concurrence. Au
début du XII e siècle, les fustaliers — faiseurs
de fûts — et les charpentiers,
furent installés à Reims par Guillaume aux Blanches
Mains dans le quartier neuf de la Couture, avec les autres métiers
frappeurs et bruyants. En 1373, les tonneliers de Reims reçoivent
leurs premiers statuts, leur importance s'accroît. En 1750
il y a 150 tonneliers à Reims. |
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Chaque Maison cultive ses secrets
et différences :
- quelques-unes restent inconditionnelles
de la première fermentation en tonneaux pour l'essentiel
de leurs cuvées
- d'autres préfèrent réaliser la première
fermentation en cuves thermorégulées et réservent
le bois pour le vieillissement en foudres de leurs vins de
réserve
- d'autres encore n'utilisent les tonneaux et/ou les foudres
de bois que dans des proportions délibérément
limitées
- certaines évitent tout contact de leurs vins avec
le bois et limitent la micro-oxygénation de leurs vins
au vieillissement en bouteilles (au travers du bouchon ).
Chacun son goût. |
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1ère vignification en fûts
de chêne chez Bollinger
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Roederer
vieillit ses vins de réserves en foudre de chêne |
À
cette époque se créent les premières Maisons
de champagne et en cent ans beaucoup d'artisans tonneliers vont
devenir cavistes,
chaque Maison installant chez elle une tonnellerie ou foudrerie.
Certaines ont même des forêts de chênes et de
châtaigniers, dont elles tirent d'excellents merains pour
leurs tonneaux. Car nul n'ignore à l'époque que le
vin vieillit d'autant mieux que les fûts sont de bonne qualité
et qu'on économise des pertes si les tonneaux sont solides
et bien conditionnés. |
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Le vin de Champagne n'est pas réputé
de tempérament commode ; s'il effectue sa seconde fermentation
en bouteilles, il ne développe son caractère que si la première
vinification est parfaite. Durant presque vingt siècles, les soins
viticoles passent par la tonnellerie.
Une forte corporation
de cavistes-tonneliers s'était formée à Reims
dès 1830. Cette corporation avait encore 3 000 membres rémois
en 1930. Mais parallèlement à la tonnellerie artisanale
de chaque Maison, s'est développée la tonnellerie industrielle
d'entreprise spécialisée. À son tour concurrencée
par la cuverie et les camions-citernes, les établissements Kessler,
spécialisés dans la fabrication de tonneaux, avenue Jean
Jaurès à Reims ferma ses portes en 1953.
Le Tonnelier a un œil vif et distingue en un éclair
le fût d'Argonne du fût industriel, le fût de chaque
Maison selon la courbure des douves ou les bois des bandes de roulage.
Sa main flatte un fût bien « boujus » ou un
reliage défectueux, à soigner. Il est intarissable sur ses
fidèles outils, le jabloir, la colombe ou le chien, qui lui servent
rarement, l'herminette, la plane droite, toujours utiles.
Les Maisons de champagne ont progressivement réduit
leur futaille dans les années soixante. Mais elles décident
souvent de conserver quelques volumes en futaille avec un certain sens
du risque, du courage (les vins fragiles ne supportent pas le tonneau)
et de l'intuition.
De même que les bouchons
de liège, les tonneaux, fûts et foudres de bois
font bénéficier les vins d'une lente micro-oxygénation
naturelle favorable à leur parfait épanouissement. |
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Il faut d'abord
ôter les excès de tanin des fûts neufs achetés
chaque année le plus souvent en Charentes : on les étrennent
avec des moûts de faible intérêt, trois ou quatre
jours, puis on rince, ceci plusieurs fois. Avant les vendanges,
il faut remettre en état les fûts anciens, changer
une douve ou un fond dont le bois s'est gâté et risquerait
de fuir ou d'altérer le vin. Il faut consolider les bandes
de roulage, si l'on veut que le fût fasse une longue carrière
(jusque 50 ans parfois) car il roule ses 250 kg, pour une contenance
de 205 litres à chaque déplacement, et un fût
bouge beaucoup. II faut “déchanteler” et “réenchanteler”
huit à neuf fois par an. Après les abreuvages et le
méchage, les fûts sont prêts à accueillir
le vin nouveau. |
Pendant
la première fermentation, les tonneliers cavistes surveillent
avec une sollicitude de chaque instant comment le vin évolue,
“se tasse”. Il faut aérer ou non, « ouiller »
c'est-à-dire garder le tonneau bien plein. Puis on soutire,
à la fontaine, par gravité, pour éliminer les
impuretés. Presque vidé, chaque fût est égoutté
pour récupérer les lies. On le nettoie, on le remplit
à nouveau. Le temps venu on procède aux assemblages,
à partir des tonneaux désignés et des vins
de réserve, eux-même conservés en fûts
ou en citerne, en fonction des choix et consignes donnés
par le chef
de caves et les œnologues de la Maison. Pendant le collage,
les fûts sont entreposés de nouveau. Pendant tout le
temps où il est en contact avec le bois, le vin se fortifie.
Le champagne est donc maintenu en tonneau jusqu'au tirage, après
quoi il continuera son épanouissement en bouteilles champenoises.
Le travail est aussi délicat que le parfum
qui règne au cellier avec ses arômes si particulier.
« Mûris en fûts de chêne », ces vins
sont recherchés par des amateurs éclairés et
inconditionnels. |
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