Le vin d'Aÿ à la robe fauve de vin paillet, de couleur
pelure d'oignon ou œil-de-perdrix, après macération
des raisins la nuit précédant le pressurage, trouve
un accès privilégié auprès de différentes
Cours d'Europe.
Il est même fort possible que sous l'appellation «
Aÿ » se dissimulent les autres « vins de Rivière
» et sans doute une part de ceux produits dans la Montagne.
Léon X, de la maison des Médicis, qui occupe le
siège pontifical de 1513 à 1521, y achète
vignes et pressoir. Il existe entre Dizy et Aÿ, immédiatement
au Sud de la route D1, une contrée dont le nom, «
le Léon », rappelle le souvenir du souverain pontife.
Dans leur ouvrage l'Agriculture, et Maison rustique, Charles
Estienne et Jean Liebault recommandent coteaux et collines comme
des lieux favorables à la plantation et à la culture
de la vigne et citent, parmi les exemples à l'appui de
leur propos, le cas d'Aÿ : « Si vostre lieu est de
soy tant favorable qu'il y ayt des cousteaux et collines, choisissez
les pour planter vostre vigne : vray est qu'elle y viendra à
peine, mais ayant pris racine, elle rendra vin fort plaisant et
généreux, quels sont les vins d'Ay [...] d'Argenteuil,
de Meudon et de Sèvre ».