Le Congrès de Vienne fait également beaucoup pour
la propagande du vin mousseux de Champagne.
Cent quarante-trois négociateurs et les importantes délégations
qui les accompagnent, représentant l'élite européenne
du temps, boivent du vin mousseux de Champagne aux festivités
qui sont multiples car, comme le dit le prince de Ligne : «
Le Congrès ne marche pas, il danse ».
Il faut lire à ce sujet les souvenirs du comte de Lagarde-Chambonas.
Dans ses Souvenirs du Congrès de Vienne, il écrit
qu'il alla « s'asseoir au milieu d'une vingtaine de convives
pour aller achever ensemble cette joyeuse soirée... dans
l'effervescence de la gaieté du vin de Champagne »,
et il ajoute qu'il soupa en compagnie des deux princes de Bavière,
aux tables voisines de celles du comte Potocki et du prince Esterhazy,
et qu'ensemble « on se porta des santés, on fit assaut
de bons mots, l'esprit pétillait comme le vin de Champagne
».
Ainsi, Russes, Français, Polonais, Anglais, Suisses, Rhénans,
Autrichiens, Bavarois, Hollandais, Suédois, Piémontais,
Siciliens, Danois, Saxons, Norvégiens, etc., aux intérêts
souvent divergents, en butte aux difficultés des tractations
politiques dont dépend l'avenir des Nations européennes,
s'accordent sur un point : le vin mousseux de Champagne.