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Champagne 10 septembre 1815

Avant de quitter la France, le tsar Alexandre Ier veut frapper les esprits par une grandiose manifestation de prestige. Il invite donc les souverains coalisés à une grande revue, démonstration militaire et pacifique.

Dans le Camp de Vertus - Revue de l'Armée russe sur le Mont Aimé, Henri Menunous en donne la description suivante :

« La parade est prévue à la limite de la Champagne viticole et de la Champagne pouilleuse, dans la plaine crayeuse qui s'étend sous le Mont Aimé, sur lequel se tiennent les personnalités. Les effectifs se montent à 200.000 hommes, auxquels s'ajoutent les invités et le personnel de servitude. C'est dire l'immensité de la tâche des organisateurs, chargés de pourvoir à la subsistance de cette multitude rassemblée à Vertus et dans les localités avoisinantes. On saigne la région à blanc, jusqu'à Épernay, Châlons, et même Reims. Les réquisitions sont écrasantes; elles portent sur les biens, mais aussi sur les hommes, dont 300 sont chargés de niveler la plate-forme de la butte-témoin et d'y établir une balustrade. Cinquante généraux et leur suite logent à Avize. Le tsar, le roi de Prusse, l'empereur d'Autriche, le prince royal de Bavière, le duc de Wellington sont à Vertus, ainsi qu'une foule considérable venue de Paris, parmi laquelle on compte beaucoup d'Anglais...

« La table d'Alexandre Ier comporte jusqu'à 300 couverts, servis à la russe; elle est confiée à l'illustre Carême, cuisinier en chef de la maison du tsar, qui doit surmonter des difficultés sans nombre pour qu'elle soit digne de sa réputation. « Le pays par lui-même n'a aucune ressource, écrit-il dans Le Maître d'hôtel français, les provisions que nous en tirâmes n'ont pas suffi, aussi fûmes-nous obligés de tirer tout notre matériel de la capitale ».


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