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CHARTE FISCALE
DES PROFESSIONNELS DE LA RESTAURATION & HOTELLERIE
Chapitre I
MÉTHODES DE VÉRIFICATION FISCALE
Question
Quelle est la pratique des vérificateurs
en matière de vérification des recettes et des coefficients
déclarés ?
Réponse
L'objet de la vérification
fiscale est de s'assurer de l'exactitude des bases déclarées.
Elle consiste à réaliser des tests qui portent sur l'ensemble
des éléments. L'étendue et l'objet de ces tests varient
en fonction de l'activité de l'entreprise et d'autres facteurs
(organisation comptable, taille notamment).
Le but principal
du contrôle des entreprises commerciales est de vérifier
le produit brut d'exploitation. Celui-ci détermine en effet le
résultat net taxable à l'impôt sur les bénéfices
et le montant des taxes sur le chiffre d'affaires à reverser au
Trésor.
Le vérificateur
fiscal ne peut s'en tenir à cet égard à un simple
contrôle comptable. Il doit confronter les éléments
déclarés, qui correspondent le plus souvent à la
comptabilité, et les éléments réels (moyens
ou valeurs d'exploitation).
Dans le secteur
de la restauration l'étude de la marge est rendue délicate
en raison de la complexité de la détermination du prix de
revient des marchandises vendues et de la diversité des produits.
C'est pourquoi,
sauf exception, les vérificateurs ont recours à des méthodes
de sondage dont la plus connue et l'une des plus fiables, mais non la
seule, est la méthode des liquides, qui consiste à évaluer
le chiffre d'affaires global de l'entreprise en appliquant au chiffre
d'affaires "liquides" déterminé de façon
précise à partir des constatations opérées
dans l'entreprise, le ratio ventes globales/ventes de liquides, lui-même
déterminé de façon précise à partir
de l'analyse d'un échantillon de notes.
Les vérificateurs
n'ignorent pas les contraintes inhérentes à l'utilisation
de telles méthodes et notamment les liens entre la qualité
des sondages réalisés et la solidité de leur argumentation.
C'est pourquoi
ils retiennent des échantillons suffisamment importants et diversifiés
en ayant soin notamment de choisir des produits à haute et à
faible marge, les résultats obtenus étant pondérés
en fonction de l'importance relative des différents produits ou
catégories de produits.
Les restaurateurs ne sont pas
désarmés devant de telles méthodes de travail. En
premier lieu, ils ont connaissance de la nature et de l'ampleur des enquêtes
réalisées, ce qui leur permet d'en critiquer les conclusions.
Par ailleurs, le juge de l'impôt,
dont les décisions orientent l'action de l'Administration, exerce
sur les méthodes de reconstitution un contrôle étroit.
Enfin, il convient de réaffirmer
que l'Administration a prescrit à ses agents d'opérer les
reconstitutions à partir des circonstances concrètes de
fonctionnement de l'entreprise, et non d'éléments prédéterminés
ou étrangers à la gestion propre de l'entreprise, même
s'il s'agit de pourcentages indiqués par des monographies administratives
ou tirés de statistiques professionnelles.
Sauf dans certains cas exceptionnels
(absence totale de comptabilité, opposition à contrôle)
qui demeurent très rares, il n'est jamais utilisé de coefficient
forfaitaire. Il n'existe pas de ratio à valeur nominative et chaque
étape d'une reconstitution peut être discutée.
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Commentaire de la Profession
En cas de reconstitution,
le contribuable doit être informé de la méthode
retenue. Il peut en proposer une autre, afin de nuancer les conclusions
du vérificateur.
Les coefficients sont
ceux qui sont pratiqués dans l'entreprise. Ils résultent
d'un constat et non de l'application de coefficients généraux
et forfaitaires imposés a priori par l'Administration.
Exemple
Pour favoriser ses ventes
de Champagnes de marque, achetée 100 F hors taxes la bouteille,
un restaurateur décide de limiter sa marge à 150 F
par bouteille, T.V.A. et service compris, soit un coefficient multiplicateur
de 2,5.
Le vérificateur
ne saurait en aucun cas appliquer un coefficient multiplicateur
de 3.
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