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Emploi : susciter des vocations dans le vignoble
Bourse de l’emploi en ligne Le vignoble a pris conscience de ce problème de « pénurie de main-d’oeuvre » qui le touche aujourd’hui, au même titre que d’autres professions dites « en tension ». Il s’attache – deux enquêtes récentes à l’appui – à comprendre cette étrange inadéquation : les offres d’emplois restent ici nettement supérieures à la demande. Pourtant, la région n’échappe pas au chômage. Certes, au centre géographique de cette problématique, le bassin d’Épernay dénombre moins de demandeurs d’emploi que d’autres bassins économiques (de l’ordre de 6,5 %, le taux de chômage est ici inférieur aux moyennes nationale et régionale), mais il serait dommageable de se reposer sur de prétendus lauriers. Il n’y a pas de temps à perdre pour stimuler les recrutements. Notre rôle est autant de motiver les employeurs que d’attirer des jeunes vers des métiers qualifiés. La formation est essentielle et il faut que tout le monde joue le jeu. Je pense que c’est bien parti, commente Martine Serveaux. La Bourse de l’emploi mise en place à l’occasion du VITeff et, parallèlement, en ligne sur Internet en partenariat avec l’ANPE, tient toutes ses promesses, à la grande satisfaction de Christian Goutorbe, président du Groupement des employeurs. Quelque 150 offres d’emplois, en CDI uniquement, ont été formulées via ce canal depuis l’automne dernier. À fin février 2006, 82 avaient été satisfaites, soit plus de 50 %. Un encouragement à poursuivre dans cette voie. D'ailleurs, le 21 mars, un contrat Service qualité a été signé entre le SGV et l'ANPE d'Epernay. Bouchées doubles C’est la preuve qu’en y mettant quelques
moyens, de la volonté et de l’énergie, on peut attirer
des personnels et pourvoir ces emplois dits d’exécution dans
le vignoble (94 % des emplois en vitiviniculture). La preuve également
qu’on peut changer l’image négative qui semble prévaloir
aujourd’hui parmi le public visé. Pour accentuer ce travail
de fond, le SGV et ses partenaires mettent
les bouchées doubles. Ainsi, et comme l’an passé,
le Syndicat était représenté sur le Forum des métiers
de Châlons-en-Champagne, début février. Plusieurs
professionnels ont pris place sur le pôle « emploi nature
» aux côtés des équipes du lycée d’Avize
et de la maison familiale de Gionges, notamment, de manière à
faire connaître les métiers de la vigne et du vin. Des mini-conférences
sur l’emploi en vitiviniculture ont été proposées,
au cours desquelles ont été abordées, sans tabous,
les questions des débouchés, de la convention collective
ou des salaires. Avec les primes de vacances et de fin d’année,
la rémunération est correcte dans le vignoble. L’accès
à la complémentaire santé n’est pas à
négliger non plus. Nous offrons des garanties dans un emploi stable
et fixe et les carrières sont évolutives, martèle
Martine Serveaux.
Pourquoi les candidats aux métiers du vignoble
sont-ils si peu nombreux, si peu motivés et peu ou pas qualifiés
? Face à ces questions récurrentes, des enquêtes
ont
été menées ces derniers mois tant auprès
des scolaires, des demandeurs d’emploi que des salariés
du secteur d’activité eux-mêmes. Les aléas
du travail au plein air, la pénibilité, l’image
négative
des métiers manuels, des responsabilités limitées,
la faible évolution des carrières et le niveau de rémunération,
etc., sont souvent avancés et constituent des freins. Face à
ces idées reçues, nous nous employons à rectifier
les choses, à montrer les atouts de ces métiers, explique-t-on
au SGV. L’argument massue, c’est
avant tout la présence de débouchés réels,
immédiats, multifacettes et la pérennité des
emplois offerts. Le vignoble n’est pas délocalisable,
c’est
une évidence. Concernant la saisonnalité que personne ne
peut nier, elle peut être vécue comme une chance puisqu’on
ne fait jamais le même travail, qu’il est possible de passer
à des tâches dans les caves quand le temps se gâte
trop dehors. Comparé à d’autres métiers,
la rémunération est correcte fait-on valoir aussi, tout
en
évoquant la fierté qu’il y a à participer à
l’élaboration d’un produit noble et festif comme le
champagne. Quant à la pénibilité, elle se réduit
avec les avancées techniques comme les sécateurs électriques
et le travail de lierie désormais effectué assis sur
des chariots.
Philippe Schilde |
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