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Hier
comme aujourd'hui, la Champagne était une pépinière de personnalités
hors du commun. Nombre de dirigeants de Maisons marquèrent leur
temps par la qualité de leurs vins et leur exceptionnel talent pour
les vendre. Ces hommes cultivés ne restent jamais indifférents au
monde des arts.
Tel fut le cas du président
de la maison Mumm, René Lalou, qui découvrit le peintre japonais
Foujita grâce au regretté Commandeur de l'Ordre des Coteaux de Champagne,
Georges Prade. L'homme d'affaires offrit à l'artiste d'exprimer
son talent au travers d'un monument rémois que l'on vient maintenant
visiter du monde entier : la chapelle Notre-Dame de la Paix.
L'histoire mérite d'être contée :
Foujita, peintre japonais, avait choisi Montparnasse comme deuxième
patrie. C'était un fervent admirateur des cathédrales et de la peinture
religieuse, Michel Ange, Léonard de Vinci, etc... Cette ferveur
artistique exaltante fut la préparation à une évolution religieuse
du peintre qui en 1959 eut un éblouissement mystique en brûlant
un cierge dans la basilique Saint Rémi de Reims.
Le Bouddhiste décida alors
de se convertir au Christianisme et, après une instruction religieuse
approfondie, Foujita fut baptisé en la cathédrale de Reims et prit
le prénom catholique de Léonard qui fut aussi celui du peintre de
Vinci qu'il admirait sans limite.
Son parrain de baptême était René
Lalou, et sa marraine la jeune Madame François Taittinger. Elle
mena par la main, vers les fonds baptismaux, ce filleul de 45 ans
son aîné. En souvenir et reconnaissance de cette conversion, René
Lalou (alors PDG de Mumm) décida de faire édifier à Reims une chapelle
dont Foujita serait le maître-d'oeuvre et le décorateur.
Un chef-d'oeuvre
d'inspiration chrétienne
Mumm
acquit un terrain voisin des bâtiments de la Maison et Foujita
choisit le style roman pour décorer sa chapelle dont il dessina
les plans, les ferronneries et les vitraux. Quand la construction
fut réalisée, le Maître alors âgé de 80 ans se hissa sur les
échafaudages au péril de sa vie, animé par une foi brûlante.
II décora le sanctuaire de fresques d'inspiration biblique.
II fallait travailler rapidement
et selon une technique ancienne qui ne permet aucune correction
: les peintures minérales sont apposées sur un enduit humide.
Dessins et couleurs sont immédiatement absorbés par le ciment
spécial, toute retouche étant rendue impossible. Chacun peut
admirer la sûreté du dessin du grand Maître réalisé dans le
temps record de deux mois. |
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Trésor du patrimoine
rémois
Un
amical partenariat s'est établi entre la maison Mumm et la ville
de Reims, qui souhaitait enrichir son patrimoine culturel et
touristique. La chapelle fut rapidement classée monument historique,
ouverte au public, et le charmant jardin qui l'entoure est
aimablement entretenu par la Maison
de Champagne.
Reims est ainsi fière de pouvoir
offrir aux visiteurs du monde entier (tous les après-midi) la visite
d'un lieu qui symbolise la paix des âmes par le chemin de l'art
et de l'offrande mystique. Croyant ou non, chacun peut méditer en
ce lieu, emplir ses yeux de beauté et son coeur de paix.
Chaque fresque est construite dans
l'harmonie calculée des grands peintres et l'ensemble dégage une
impression de calme et de sérénité propice au recueillement. Dans
le choeur, Notre Dame de la Paix qui a donné son nom à la chapelle,
rayonne de douceur. Dans le transept, Notre Dame des Vendanges assise
sur une barrique présente à l'enfant Dieu la grappe de raisin champenoise
alors qu'on aperçoit, dans le lointain, la cathédrale
de Reims et la basilique St-Rémi.
Sur la façade occidentale,
figure la crucifixion. Latéralement, la poésie de la nativité, le
réalisme des sept péchés capitaux et d'Hiroshima, différentes scènes
bibliques dans lesquelles, selon la tradition du Moyen-âge apparait
le généreux mécène, le président de Mumm, René Lalou, et l'artiste.
Les couleurs sont douces et chaudes, mesurées et naturelles, et
la lumière ambiante est ensoleillée par l'éclat des vitraux.
Le dessin, pur et précis, fait vivre
des personnages aux silhouettes longilignes aux visages européens
expressifs, typés d'un rien oriental dans les yeux. L'ensemble est
harmonieux et classique avec une foule de détails inspirés d'une
tradition japonaise raffinée. On reconnaît le chrysanthème, emblème
de l'Empire du Soleil Levant, le chat, mascotte de Foujita. Fleurs,
papillons, insectes minutieusement détaillés évoquent l'art oriental.
Le sarcophage où Foujita fut enseveli est toujours là. Le grand
artiste a laissé dans sa chapelle pour l'éternité toute son âme
et l'essentiel de son talent.
Sociales ou culturelles,
les oeuvres de mécénat des Maisons de Champagne n'honorent pas seulement
les Marques qui les réalisent mais l'ensemble des professionnels
des vins de Champagne. Leurs générosités confortent chaque jour
l'aura des champagnes dans le monde et renforcent son capital de
sympathie auprès du public.
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