La CHAMPAGNE signe la déclaration de NAPA sur l'importance
des noms de régions viticoles et s'engage dans l'alliance des régions viticoles


Le 26 juillet 2005, les représentants de trois régions viticoles américaines, la Napa Valley, l’Oregon et Washington (y compris la région de Walla Walla), ainsi que les représentants de trois régions viticoles européennes, Champagne, Porto et Jerez-Xérès-Sherry, ont signé ensemble une déclaration relative à l’importance des noms de région pour désigner les vins et la nécessité d’en préserver l’intégrité, car ils sont des éléments essentiels de l’identification des vins par les consommateurs.


Les signataires de la déclaration de Napa : de gauche à droite, Krista McCorkle-Davis (Walla Walla), Jorge Monteiro (Porto), Joel Aiken (Napa Valley), Bruno Paillard (Champagne), Jaime Peha (Washington), Bosco Torremocha (Jerez), Harry Peterson-Nedry (Oregon).

Cette déclaration fait suite à des constats convergents de la part des producteurs américains et européens : les régions viticoles, de particulier renom du fait de la qualité de leurs vins, ont souvent vu leurs noms détournés pour désigner les produits d’autres régions.
Aux Etats-Unis, la Napa Valley Vintners Association a du s’engager dans une longue bataille juridique pour éviter que le nom « Napa » soit utilisé dans l’étiquetage de vins californiens élaborés à partir de raisins ne provenant pas de la région de Napa.

Cette exigence du respect de l’authenticité existe d’ailleurs dans certains Etats américains. Ainsi, alors que le nom « Champagne » est toujours considéré, dans la réglementation américaine, comme un terme « semi-générique », l’Etat de l’Oregon a adopté, dès 1977, une loi interdisant aux producteurs de l’Oregon d’utiliser ce terme pour désigner les vins mousseux qu’ils élaborent.

L’alliance créée par ces six régions vise à conduire ensemble des initiatives d’éducation et de formation des consommateurs, afin d’accroître leur connaissance sur l’importance de l’origine pour les vins et la nécessité d’exiger un étiquetage clair, précis et honnête.

L’ensemble des participants a souligné que l’objectif premier de cette déclaration est de mettre le consommateur au cœur de la démarche : ce dernier est en droit d’attendre que le nom d’une région viticole donnée, qui porte intrinsèquement des qualités particulières, ne soit utilisé que pour désigner des produits authentiques. Ce n’est qu’à cette condition que le nom peut constituer un outil essentiel d’identification, grâce auquel le consommateur peut exercer un choix éclairé lors de ses achats.


Bruno Paillard signe la Déclaration de Napa
au nom du Comité interprofessionnel du vin de Champagne.

En souscrivant à cette déclaration et en s’engageant dans l’Alliance des régions viticoles ainsi créée, les régions concernées ne font pas un « coup », isolé dans le temps : leur volonté est que la signature de cette déclaration soit un point de départ, le début d’une série d’actions communes menées conjointement à destination du consommateur. Divers projets ont été évoqués lors de cette première rencontre et l’ensemble des partenaires se sont accordés pour décider de mettre concrètement une action en place avant la fin de l’année 2005 aux Etats-Unis.


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Dans la préoccupation constante des professionnels de la Champagne de protéger leur appellation, en particulier sur l’important marché des Etats-Unis d’Amérique, cette déclaration représente une avancée capitale, même si elle ne règle pas, à court terme, tous les problèmes relatifs à la protection de l’appellation Champagne.

Il est cependant évident que le développement d’une sensibilité forte aux questions de l’origine, de l’authenticité et de la loyauté à l’égard du consommateur, sont des éléments qui concourent positivement à une prise de conscience des utilisations détournées ou trompeuses.

Cette déclaration est particulièrement importante car elle est la première manifestation publique de la volonté de trois régions viticoles américaines de renom de s’engager publiquement à demander le respect de l’utilisation des noms géographiques et à éduquer et informer le consommateur dans ce sens. Il est également essentiel que cet effort s’engage conjointement avec différentes régions européennes pour bien exprimer que cette démarche transcende les frontières et les intérêts politiques à court terme et traduit bien une certaine éthique dans l’information mise à la disposition du consommateur pour que ce dernier puisse exercer un choix éclairé.

Qu’une telle démarche ait pu naître de l’initiative propre des producteurs américains est un succès sans précédent. Certes, la Champagne, avec le concours de son bureau aux Etats-Unis, Office of Champagne, USA, avait noué depuis plusieurs mois des relations avec différentes organisations viticoles américaines, notamment la Napa Valley Vinters Association, qui nous ont permis d’assister à cette prise de conscience de certains producteurs américains.

Mais l’essence même de cette démarche, ce qui en fait une grande réussite, c’est que, par cette initiative et cette déclaration, la question de l’importance de l’origine et de la nécessité de la protéger et garantir en faveur du consommateur est devenue une question posée par des américains aux américains eux-mêmes.



Joel Aiken (Napa Valley) et Bruno Paillard (Champagne) présentent la Déclaration de Napa,
revêtue des signatures des représentants des régions participantes.
Lire la déclaration de NAPA (fichier PDF)

Source CIVC 2005