La renaissance des Grandes Orgues de la basilique Saint-Remi de Reims
initiée par de Grandes Marques et Maisons de Champagne

   
« L'ORGUE de l'an 2000 est là, après un silence de 82 ans... » Telles sont les paroles prononcées le 14 septembre 2000 par l'Abbé André Rousselle curé de Saint-Remi, en ouvrant la cérémonie d'inauguration des nouvelles orgues de la vénérable basilique en présence de Mgr Jules Massin l'ancien Chanoine du site.
   Quatre-vingt-deux ans, c'est long ! Le 1er août 1918, trois mois avant la fin de la Grande Guerre, la basilique Saint-Remi était détruite par les obus. La voûte en flammes entraîna en s'effondrant le grand orgue Brisset installé vingt ans plus tôt. Après le désastre, la priorité fut donnée à la reconstruction du sanctuaire, qui ne fut achevée que 40 ans plus tard, en 1958. Pendant des années, la basilique dut ensuite se contenter — provisoirement...  — d'un petit orgue d'accompagnement récupéré lors de la démolition en 1973 de la chapelle du lycée de jeunes filles de l'avenue Jean-Jaurès.


La basilique Saint Rémi serait-elle encore plus belle que la Cathédrale des sacres ?
Le baptême de Clovis par St Rémi en 496 à Reims est immortalisé par une statue.


   Quelques passionnés de l'orgue refusaient de voir ce « provisoire » devenir définitif. Ils rêvaient de grandes orgues dignes d'un édifice que l'UNESCO allait inscrire au patrimoine mondial. En 1991, un de ces amoureux de l'orgue, le chef de caves de Veuve Clicquot, Charles Delhaye, fonde une association — « Renaissance des grandes orgues de Saint-Remi de Reims » — qui entreprend de longues et patientes démarches, soutenues par sa Maison.
   Neuf ans plus tard, le rêve est devenu réalité. Quatre années de travail ont été nécessaires pour la fabrication, l'installation et l'harmonisation d'un magnifique instrument conçu par le facteur d'orgue Bertrand Cattiaux, qui avait déjà restauré l'orgue de Notre-Dame de Paris et celui de la chapelle royale de Versailles.

   Il s'agit d'un puissant orgue disposant de 44 jeux, avec trois claviers et un pédalier. Il pèse huit tonnes. Placé « en nid d'hirondelle » à 5,6 metres du sol, le buffet atteint 11,20 mètres de haut et abrite plus de 3 000 tuyaux nécessaires à son fonctionnement. Sa facture originale lui permet aussi d'interpréter des œuvres contemporaines. Placé dans la dixième travée de la nef sud, il s'intègre parfaitement dans l'architecture de la basilique Saint-Remi. C'est le premier orgue de cette importance construit en France depuis trente ans !... Le coût de cette réalisation a certes été financé pour l'essentiel par les collectivités locales, mais l'indispensable apport initial par l'association « Renaissance des grandes orgues de Saint-Remi ». Cette association est largement soutenue par la population locale mais aussi par quelques Grandes Maisons de Champagne : Piper & Charles Heidseick, Pommery, Roederer, Ruinart, Taittinger,et Vve Clicquot.
   Le 14 septembre 2000, plus de 1 500 personnes assistent à l'inauguration et à la bénédiction de l'orgue par Mgr Thierry Jordan, archevêque de Reims, qui déclare dans son homélie : « Dans la vie d'un évêque, il y a des situations parfois complexes, mais aussi des moments de joie, comme cet événement qui nous rassemble aujourd'hui ». L'archevêque définit le « métier » d'un orgue : « C'est un instrument qui parle à chacun d'une manière ou d'une autre, qui sert à accompagner le chant et contribue à la dignité des célébrations. Il éveille des sentiments de beauté, révèle ce qu'il y a de plus grand dans le cœur des hommes ». Puis Mgr Jordan, selon une liturgie très particulière, dialogue longuement avec « l'orgue sacré », l'invitant à « naître à la vie », avant de procéder à la bénédiction.

   Plusieurs discours sont prononcés : par Joseph Henriot, président de la Maison Veuve Clicquot et de l'association « Renaissance des grandes orgues de Saint-Remi », Albert Vecten, président du conseil général, Jean-Claude Étienne, président du conseil régional, qui remercient ceux qui ont participé à la réalisation de ce projet, et Jean-Louis Schneiter, maire de Reims, qui souligne que cet orgue, « entre dans le patrimoine de notre collectivité ».

   A l'occasion de cette inauguration, quatre concerts gratuits sont offerts aux Rémois, avec, à l'orgue, André Isoir, titulaire du grand orgue de Saint-Germain-des-Prés, Olivier Latry, co-titulaire du grand orgue de Notre-Dame de Paris, et Pierre Mea, organiste titulaire de la cathédrale de Reims. Parmi les œuvres interprétées, il y a deux créations mondiales : La Croix du Sud, un poème symphonique de Jean-Louis Florentz, et Le ciel brûle d'étoiles de Jacques Lénot, composé sur un poème de Marina Tsvetaïeva. Les Champagnes confirment ainsi leur double vocation de mécène culturel et de muse des artistes.

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