|
Quatre-vingt-deux ans, c'est long ! Le 1er août 1918, trois mois avant la fin de la Grande Guerre, la basilique Saint-Remi était détruite par les obus. La voûte en flammes entraîna en s'effondrant le grand orgue Brisset installé vingt ans plus tôt. Après le désastre, la priorité fut donnée à la reconstruction du sanctuaire, qui ne fut achevée que 40 ans plus tard, en 1958. Pendant des années, la basilique dut ensuite se contenter — provisoirement... — d'un petit orgue d'accompagnement récupéré lors de la démolition en 1973 de la chapelle du lycée de jeunes filles de l'avenue Jean-Jaurès. |
![]() |
|||||||
![]() La basilique Saint Rémi serait-elle encore plus belle que la Cathédrale des sacres ? Le baptême de Clovis par St Rémi en 496 à Reims est immortalisé par une statue. |
||||||||
| Quelques passionnés de l'orgue refusaient de voir ce « provisoire » devenir définitif. Ils rêvaient de grandes orgues dignes d'un édifice que l'UNESCO allait inscrire au patrimoine mondial. En 1991, un de ces amoureux de l'orgue, le chef de caves de Veuve Clicquot, Charles Delhaye, fonde une association — « Renaissance des grandes orgues de Saint-Remi de Reims » — qui entreprend de longues et patientes démarches, soutenues par sa Maison. Neuf ans plus tard, le rêve est devenu réalité. Quatre années de travail ont été nécessaires pour la fabrication, l'installation et l'harmonisation d'un magnifique instrument conçu par le facteur d'orgue Bertrand Cattiaux, qui avait déjà restauré l'orgue de Notre-Dame de Paris et celui de la chapelle royale de Versailles.
|
||||||||
| Plusieurs discours sont prononcés : par Joseph Henriot, président de la Maison Veuve Clicquot et de l'association « Renaissance des grandes orgues de Saint-Remi », Albert Vecten, président du conseil général, Jean-Claude Étienne, président du conseil régional, qui remercient ceux qui ont participé à la réalisation de ce projet, et Jean-Louis Schneiter, maire de Reims, qui souligne que cet orgue, « entre dans le patrimoine de notre collectivité ». A l'occasion de cette inauguration,
quatre concerts gratuits sont offerts aux Rémois, avec,
à l'orgue, André Isoir, titulaire du grand orgue
de Saint-Germain-des-Prés, Olivier Latry, co-titulaire
du grand orgue de Notre-Dame de Paris, et Pierre Mea, organiste
titulaire de la cathédrale de Reims. Parmi les œuvres
interprétées, il y a deux créations mondiales
: La Croix du Sud, un poème symphonique de Jean-Louis
Florentz, et Le ciel brûle d'étoiles de Jacques
Lénot, composé sur un poème de Marina Tsvetaïeva.
Les Champagnes confirment ainsi leur double vocation de mécène
culturel et de muse
des artistes. |
||||||||
|
||||||||